COMPOSTELLE 2018 | BEHIND THE CAMINO JOUR 14 à 21

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1 mois et demi plus tard… me voilà de retour sur le blog après 39 jours sur le Chemin de Compostelle. Le retour à la « vraie vie » commence à s’amorcer et j’avais bien envie de te partager quelques petites histoires avant de clôturer cette belle aventure. Bien entendu, pour des raisons de temps et d’espaces mes anecdotes resteront brèves… sinon je risque d’écrire un bouquin et non plus un article. Mais tu retrouveras dans les prochaines semaines, jour après jour, un petit bilan de mon expérience. Je reviendrais aussi sur toutes les questions d’organisation, de parcours et de matériels qui m’ont été posées au fur et à mesure !

Dans l’article précédent, le 14ème jour s’achevait à Santillana. Avec deux semaines de Camino dans les pattes j’étais aussi heureuse que fatiguée, malgré une dernière étape cruellement moche, il faut le dire et une jolie ampoule ! La semaine qui suivra sera tout aussi forte en émotions, à commencer par l’arrêt de ma « maman du camino » et le choix final qui me fera dévier sur un autre Camino, que le Camino del Norte que je suivais depuis le début !

 

JOUR 15 – SANTILLANIA à COMILLAS

24KM ▪ 517 D+

Le CR du jour | J’ai du mal à réaliser ce soir que cela fait maintenant 15 jours que je parcours le camino. Soit 370kms sur le camino et 452 en tout… 15 glaces deux boules et 13 nuits bercées par des ronflements divers et variés 🤣
Chaque jour est intense, réserve son lot de surprises, de rencontres, de paysages, de nouvelles petites douleurs ( coucou toi partie de mon dos que je ne connaissais pas ), de villages à découvrir, de souvenirs mémorables à greffer dans mon marbre cérébral…

On dit souvent que c’est à partir de 2 semaines que le corps commence à se faire. On verra dans les prochains jours si le mien plussoie. Mais peu importe le physique, je sens que l’esprit lui s’est clairement mis en mode 100% camino. Un état assez spécial que je t’invite un jour à découvrir 😉
Compostelle Camino del Norte Santillania à Comillas

Behind the Camino | Chaque jour est une petite aventure et plus le temps sur le camino passe plus je suis devenu réceptive à tout ce que peut m’apporter cette expérience. C’est toujours assez drôle de refaire le fil des rencontres après coup, pour comprendre le hasard si bien ficelé du chemin. Un exemple? Je m’étais arrêté une petite heure pour admirer cette vue, sur un banc parfaitement installé, lorsque D. et T sont apparus. L’américain et l’italien m’ont demandé de prendre une petite photo d’eux, et m’ont rendu la pareille. Au final après 4 heures de marche en solitaire j’ai finis l’étape bien accompagnée, à philosopher sur la vie, le camino et nos différences culturelles. Les kilomètres ont donc défiler, et j’ai pu profiter de la jolie ville de Comillas, même si le déluge n’a pas tardé à m’y retrouver !

La petite anecdote? Je suis partie comme une fleur le matin. Appelant ma mère à 7h pour lui raconter mes aventures, je finis par observer scrupuleusement les bâtons que je tenais dans ma main, sentant que quelque chose clochait…Effectivement ce n’était pas les miens ! Rien ne ressemble plus à un bâton noir, qu’un autre bâton noir, surtout lorsque tu as dormis 4 heures… Et hop, un aller retour express à Santillana pour essayer de retrouver le propriétaire des bâtons, et récupérer les miens. Et donc 1km de montée pour rien …

JOUR 16 – COMILLAS à COLOMBRES

30KM ▪ 640 D+

Le CR du jour |20h… je suis prête pour la fièvre du samedi soir bien confortablement assommée dans mon lit, le mollet cramoisie 🤣 Il faut dire qu’il a bien bossé…30kms aujourdhui ça use, ça use énormément surtout avec un programme intensif : De belles plages, une super pause dej au milieu de nulle part… pas une goutte de pluie. Parfait !
La solitude étant un peu dure sur la fin, je me suis mise à communiquer avec tous les animaux du camino 🤣 à ton avis… lequel remporte le prix de la rencontre du jour… le 🐴les 🐱 ou le 🦎 ?

Compostelle Camino del Norte Comillas à Colombres

Behind the Camino | Olalala. Je me souviens très bien de cette fin d’étape où j’étais totalement cramoisie. Dans tous les sens du terme. Mon mollet écarlate, mes jambes kapput, mon moral épuisé. Tout ça pour arriver après 30 kilomètres à Colombres et me rendre compte que l’auberge était complète. Dur dur de se retrouver seule après une journée pareille dans une petite chambre d’hôte pas terrible. C’est là toute la complexité du pot pourri d’émotions sur le camino. Parfois la proximité et la vétusté des albergues peut peser aussi sur le moral. Mais au final lorsqu’on se retrouve seule dans une petite chambre isolée avec sa propre serviette de toilette… les autres nous manquent rapidement. Le chemin c’est aussi leur présence, les retrouvailles, le partage des anecdotes autour d’une tortilla.

La petite anecdote? Certaines portions étant réellement désertes, j’ai du demander 2 fois de l’eau sur le chemin à des villageois très sympa. Le deuxième est carrément revenu avec une bouteille neuve d’1l5.

JOUR 17 –  COLOMBRES à  LLANES

26KM ▪ 470 D+ |

Le CR du jour | Quand j’ai démarré cette aventure, il y a 17.jours maintenant, j étais plutôt dans la catégorie forçat du chemin 😅 Crapahuter d »un point à un autre. Rapidement. Pas trop de break.
Parce que mon côté sportif avait le dessus.
Parce que j’ai toujours été en mode bulldozer dans la vie.
Parce qu’à Paris on ne connaît pas le slow motion. Et aussi… Parce que le déluge des premiers jours n invitait pas à la contemplation 😅
Et puis au travers de belles rencontres et de moments inoubliables j’ai compris qu’il ne servait à rien de bourriner jusqu’à l’arrivée 😉 Qu’il fallait savoir profiter de chaque instant et que le chemin offrait encore plus de belles choses si je ralentissais un peu.

Pour une fois je (re) découvre le plaisir de savourer. D’admirer. De laisser de la place à l’imprévu. De se perdre. D’accepter que le chemin est parfois très moche mals qu’il est aussi parfois époustouflant si on continue d’avancer. Cette plage jai du y rester une bonne heure. Je n’avais absolument pas envie de la quitter, ça a été un réel coup de 😍
Bref je suis devenue une épicurienne du chemin. Et je savoure d’autant plus qu’il me semble qu’on est dimanche soir…. et que le blues du dimanche soir perso je ne connais pas 🤣
( sinon, épicurienne ou pas j’ai une ampoule de mamouth et je me suis fait piqué par des orties… ça je savoure moins😰 )

Compostelle Camino del Norte Colombres à Llanes

Behind the Camino | Je me souviens très très bien de cette journée. Petit à petit l’esprit du chemin se faufilait un peu partout et je commençais à en ressentir les bienfaits. Les discussions hautement spirituelles que nous pouvions avoir tout en massant nos pieds le soir faisant aussi leur effet je me rendais compte qu’il était vraiment important de savourer chaque instant, car mine de rien ce chemin aurait un jour une fin. Cette étape étant superbe, avec des paysages côtiers magnifiques et de jolies plages, j’ai donc profité du début jusqu’à la fin. Le seul problème? Lorsque tu passes près d’une heure sur ton rocher seule sur une magnifique petite plage, il est très très difficile de redécoller.

La petite anecdote? Llanes était une très jolie ville où j’ai pu retrouver J ma maman du camino et C. MAIS…le temps a commencé à se dégrader juste après mon arrivée. La visite s’est donc écourtée et nous sommes resté une bonne partie de l’après-midi dans une auberge aussi glauque que miteuse. Temps pourri et auberge déprimante, heureusement que j’avais fait le plein de soleil et de jolis paysages dans la journée !

Camino del Norte Compostelle. Llanes

JOUR 18 –  LLANES > CUERRES

26KM ▪ 420 D+ |

Le CR du jour | Jusqu’ici la déconnexion était plutôt radicale. Certes je m’autorise 30′ d’insta par jour et quelques storys par ci par là mais de 6h à 23h je suis bien déconnectée 😉 Aujourd’hui encore plus puisque le déluge invite plus à presser le pas qu’à partager quoi que ce soit…
18e jour…Tout allait si bien…
13h. Le soleil revient. Chouette.
13h15. Je reçois un message d’une agence qui m’indique que mon blog n’apparaît plus du tout. Supprimé.
13h16 à 14h. J’essaie désespérément d’atteindre un conseiller de mon hébergeur. J’appuie 10 fois sur 1 puis 2 puis ça raccroche parce que tous les conseillers sont en attente. Je recommence. Je deviens dingue. Je check mes mails. Je devais payer une facture le 4. Le 4 juin. Il y a 5jrs, weekend compris. Je ne l’ai pas payé. Ils ont donc supprimé. Je fulmine.
14h. Je paye un truc au pif. J’espère que ça marchera.
14h06. Je suis perdue au milieu de nulle part. J’ai totalement merdé. J’en veux à la terre entière. J’en veux à cette société où tout va trop vite et où tu ne peux pas oublier tes mails 5mn. Mais je m’en veux surtout à moi. 18 jours à décompresser et à ne plus stresser. Il aura suffit d’un mini électrochoc pour me rendre 🐐. Je respire. Il me reste 15% de batterie la priorité maintenant c’est de trouver mon chemin. La postérité se remettra du torpillage du blog mais moi va bien falloir que j’arrive quelque part 🙄
Bref… tout se finit plutôt bien, mon auberge du jour est superbe. Mais j’aurais aimé me passer de cet épisode peut être anodin qui prouve encore une fois que de nos jours tu ne peux pas te déconnecter 2 sec ! À méditer… sommes nous si libres que ça ou enchaîné à nos boîtes mails et à nos notifications frénétiques?

Behind the Camino | C’est très drôle de remettre bout à bout le cheminement des journées et les changements de mood et d’ambiance. La veille je savourais tranquillement les leçons du chemin. Quelques heures plus tard je me retrouve à grommeler parce qu’ « on ne peut pas être tranquille quelques jours loin de cette foutue société de consommation merde ! ». Au final j’ai vite oublié ce petit contre coup technologique pour profiter à fond de l’auberge du jour. Une auberge superbe, totalement écologique, en bois… une ambiance super et… une vue à tomber!  Bref blog ou pas blog, j’ai vite retrouvé le sens des priorités !

JOUR 19 –  ▪ CUERRES > COLUNGA▪

31KM ▪ 637 D+ |

Le CR du jour | Aussi curieux que cela puisse paraître… je suis tout de même heureuse d’être là où je suis. Malgré le déluge dès le départ. Malgré l’arrêt de ma  » maman du camino » qui n’en pouvait plus de ce temps de merde. Malgré toutes les raisons possibles et inimaginables que tu peux avoir en 7h de marche. Même si je dois finir en kayak je suis maintenant à mi parcours et tant que le physique tient j’espère vraiment arriver au bout de l’aventure.

Bon c’est bien gentil de jouer les fanfaronnes mais…soyons honnêtes… à 7h30 en voyant les grosses gouttes j’avais plutôt envie de rester sous une couverture et de me faire un thé. Quelques kilomètres plus tard en plongeant le pied dans un marécage histoire d’imbiber mes chaussettes je me suis encore demandé pourquoi je m’infligeais ça. Mais au final 31kms plus tard je suis juste heureuse d’être arrivé, d’avoir une chambre rien qu’à moi et une… vraie serviette de toilette youhou 🤩 Je pense que j’ai le masochisme amnésique… tous les jours j’en chie et le lendemain matin j’ai déjà tout oublié 😅
Bonne soirée à tous les masos amnésiques d’insta, je sais qu’ils se reconnaitront. Et aux autres bien entendu 😘

Behind the Camino | Imagine nos têtes lorsque nous entendons dès le lever du lit… une pluie battante. Quel enfer. Cela ne m’a pas empêché de savourer le petit déjeuner topissime de l’auberge ( c’est si rare, ça me changeais de mes bouts de pain avalé en vitesse). Mais quand même. Le départ est difficile. Il pleut, comme pas possible. Le chemin est parfois impraticable, entrecoupé de petites mares . Il faut monter sur le bord, les petits talus de rochers et risquer de se prendre des petits court-jus ou de tomber tout simplement. C’est vraiment désagréable. Mais j’avance. Avec J. ma maman du camino, qui grommelle tant et si bien qu’à un moment elle s’arrête et me lance  » c’est bon, j’arrête ». On marche depuis 7kms, la pluie écrase ma capuche. Je me retourne, comprends à moitié. Comment ça tu arrêtes. « Il y a une station, je prendrais un train, un bus n’importe quoi je rentre. J’en ai marre ». Gros choc. Je me mets en mode survie, les gouttes continuent à nous assailler et la journée n’est vraiment pas fini. Une bise rapide et humide, je m’en vais le cœur lourd.

La petite anecdote? Après 19 jours j’ai enfin réussi à trouver un bureau de poste…ouvert ! Cela faisait plusieurs jours que je voulais renvoyer chez moi quelques affaires que je n’utilisais pas. Impossible. Cela aura au moins compensé le départ précipité de J., m’allégeant de 600 grammes !

JOUR 20 –  COLUNGA > AMANDI

20,7KM ▪ 507 D+ |

Le CR du jour |Pour comprendre l’esprit du camino… il faut le vivre. Il faut démarrer à 7h et enfiler son sac peu importe la météo. Il faut marcher, un pas après l’autre tout simplement et réfléchir seule. Ou croiser d’autres pèlerins au détour d’un kilomètre et échanger quelques mots.

Il faut arriver dans une albergue parfois paradisiaque… parfois moins. Et il faut commencer sa deuxième journée, faire sa lessive, se doucher, visiter, échanger. Profiter… Chaque journée est une petite aventure. Seule ou accompagnée mais toujours pleines de surprises. Je ne saurais pas par quoi commencer si je devais te l’expliquer. Mais je peux juste te dire qu’aujourd’hui j’ai gagné le gros lot. Pas une goutte de pluie, beaucoup de belles rencontres, une auberge coupée du monde… le bonheur 😍

Compostelle Camino del Norte Colunga à Amandi
Auberge donativo d’Amandi

Behind the Camino | Un jour sans pluie et une auberge donativo pour finir. Le combo parfait. Cette fois-ci j’avais eu envie de montrer un peu l’envers du décor. Parce que le camino ne se réduit pas à un chemin ou à des kilomètres. C’est bien plus que ça. Cette auberge donative à Amandi était tenue par un couple adorable, qui m’a vraiment touché. Les passionnés du chemin sont nombreux, ces gens qui travaillent toute l’année pour rendre cette expérience encore plus unique et agréable pour nous, randonneurs odorants !

JOUR 21 –  AMANDI > POLA DE SIERRO

25 KM ▪ 656 D+ |

Le CR du jour | Pour amorcer ce 21eme jour et après une nuit très courte il était temps de prendre une décision cruciale ce matin 😰
Le camino se splitant en deux chemins il fallait ainsi choisir entre… continuer sur le camino del norte, voie que je suis depuis maintenant 3 semaines 🌊 ou prendre le chemin primitif, camino primitivo ⛰ Ce dernier étant réputé pour être plus difficile et plus montagneux, avec beaucoup plus de dénivelé mais aussi de magnifiques paysages…. Serait-ce parce que j’ai été bercé trop près du mur… ou parce que mon instinct de survie a pris l’eau ces derniers jours… J’ai bien entendu pris l’option la plus difficile 😂 Après tout pourquoi faire simple quand on peut faire encore plus compliqué 😉 Je sais que je vais sûrement maudire mes idées à la con dans quelques jours mais pour l’instant je suis surtout hyper excitée de cette nouvelle aventure dans l’aventure 🤩
Camino Primitivo…me voilà 🙀

Compostelle Camino Primitivo Amandi à Pola de Sierro
Départ d’Amandi

Behind the Camino | Je n’avais à l’origine pas prévu d’aller sur le Camino Primitivo. En toute transparence je ne connaissais même pas son existence. Et puis de fil en aiguille, à force de rencontres et de discussions j’ai compris que j’avais deux options pour la suite. Rester sur le Camino del Norte, option que la plupart de ceux que je connaissais prenaient. Et aller sur le Camino Primitivo. Je n’ai pas hésité longtemps, pour une fois ! Moins de routes, plus de montagnes, un chemin plus difficile, encore plus challengeant… j’espère ne pas me tromper puisque mon corps avait réussi à me porter jusque là, je comptais sur lui pour se dépasser encore !

Les prochains jours allaient dont me confirmer ou non si j’avais fait le bon choix …

A propos de l'auteur :

Chaudière sportive, à l’ascenseur émotionnel qui plafonne à chaque nouveau challenge ! J’espère te donner la patate si tu n’as pas envie de bouger, ou te faire au moins rire dans ton canapé !

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1 Comments

  1. COMPOSTELLE 2018 | BEHIND THE CAMINO JOUR 22 à 28 – Cam Dewoods says:

    […] l’article précédent, le 21ème jour s’achevait à Pola de Sierro, où je faisais donc le choix de partir sur le Chemin Primitif. Plus de dénivelés, de montagne, […]

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