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1 mois et demi plus tard… me voilà de retour sur le blog après 39 jours sur le Chemin de Compostelle. Le retour à la « vraie vie » commence à s’amorcer et j’avais bien envie de te partager quelques petites histoires avant de clôturer cette belle aventure. Bien entendu, pour des raisons de temps et d’espaces mes anecdotes resteront brèves… sinon je risque d’écrire un bouquin et non plus un article. Mais tu retrouveras dans les prochaines semaines, jour après jour, un petit bilan de mon expérience. Je reviendrais aussi sur toutes les questions d’organisation, de parcours et de matériels qui m’ont été posées au fur et à mesure !

Mes étapes sur le Camino del Norte

JOUR 2 – ST JEAN DE LUZ à FONTARRABIE – Camino del Norte

21KM ▪ 408 D+

Le CR du jour | Aujourd’hui j’ai pu goûter aux joies du Pays Basque. Aux réjouissances humides devrais-je dire…
Les pieds qui pataugent, l’eau qui s’infiltre petit à petit dans tous les pores de ta motivation 🙄 Les doigts qui fripent et l’envie de se mettre en Pls dans un fossé en attendant que Noé passe 😵
C’est marrant deux secondes de tester le Goretex de tes Merrell mais ça devient rapidement un calvaire. Surtout quand tu t’embourbes à pieds joints dans des marécages et que tu finis par essorer tes chaussettes tous les 2 kms 😅 Que ton compagnon de galère, 70 ans, 20 kilo de sac te parle de ses deux ongles de pieds perdus lors du dernier déluge… je ne pensais pas trouver pire que le trail pour la survie de mes pieds 😒
Bref. Je me suis fait rincer 🌊
Bonne soirée à tous, moi j’ai LA DALLE 😂

Behind the Camino | Mais quelle journée…j’attaque rapidement sous un déluge digne du Pays Basque. Une catastrophe. Le moral prend petit à petit l’eau. Il profite d’une rapide éclaircie lorsque je rencontre P., mon premier pèlerin. Sa gentillesse et sa compagnie sur les 10 prochains kilomètres réchauffent un peu ma motivation détrempée. Il a 70 ans, ne se plaint pas, porte vaillamment son sac de 20 kilos et se permet même de sourire. Nous nous perdons dans une zone marécageuse. J’ai bien entendu mis les pieds dedans, mes chaussettes sont totalement imbibées. Je passe les prochaines heures à devoir retirer mes chaussures et essorer mes chaussettes.

La pluie finit par s’arrêter…5 kilomètres avant mon arrivée à l’auberge. Je positive, au moins mes chaussures pourront sécher. J’y rencontrerais J.&J., G., ainsi que deux québécois. Et bien sur P. qui me rejoint finalement à l’auberge. La soirée est aussi chaleureuse que la journée était humide. J’essaie de faire sécher mes affaires tant bien que mal, passant quelques minutes à les déplacer au gré du soleil. Le dortoir est sommaire mais propre, ce sera ma première nuit en auberge…mais pas la dernière !

Cette journée marquera ma première étape en pays espagnol, puisque la fin de l’étape rejoint Irun, et le départ du Camino del Norte qui commence dans cette ville.

Compostelle Camino del Norte Irun

JOUR 3 – FONTARRABIE à SAN SEBASTIAN – Camino del Norte

23KM ▪ 1000 D+

Le CR du jour | La journée commence fort. Un kilomètre vertical pour digérer le petit dej. Sur un sentier bien raviné par le déluge de la veille… je m’accroche à mes bâtons. Je serre les dents, le poids du sac se fait sentir. Passé cette première épreuve les kilomètres défilent. L’enfer diluvien d’hier a laissé la place au crachin Febreze. Senteur basque, relent bouse.

Sorti des nuages nous finissons par atteindre la baie de Pasaia, joli petit port où je pourrais finalement aérer mes pieds en jachère… en admirant l’ Hermione exceptionnellement amarrée ⛵
Une journée finalement riche en D+ avec près de 1000… histoire que les cuissots n’oublient pas leur base trail. Et superbe en terme de paysage. Toujours pas de soleil à l’horizon et une récidive pluviale demain… rando pluvieuse rando pas heureuse du tout.

Compostelle Camino del Norte Fontarrabie

Behind the Camino | La matinée commence très très fort. La première montée est sacrément boueuse et malgré mes bâtons je ne suis pas totalement rassurée. Le poids du sac se fait sentir, je me visualise partir en arrière. Mais finalement atteins le bout. Malheureusement le paysage qui promettait d’être splendide est recouvert d’une chape nuageuse. Je positive, le crachin c’est déjà beaucoup mieux que la pluie d’hier. Après plusieurs kilomètres le port de Pasaia apparaît. L’effervescence est à son comble, on est dimanche. Les gens normaux déambulent dans les rues et visitent l’Hermione, cette frégate imposante qui canalise toute l’attention de la baie. Moi j’engloutis quelques bouts de pain et du fromage en observant l’agitation dominicale. Avec J&J nous repartons de cette jolie baie bien touristique, le temps tourne dans tous les sens du terme et San Sebastian est encore à quelques kilomètres. La montée est aussi difficile que superbe, offrant une vue sur toute la baie (photo du jour).

L’arrivée à San Sebastian se fait malheureusement sous un crachin intensif. Je m’offre une glace pour la postérité en compagnie de J&J. Allonge le pas pour traverser la ville, direction l’auberge. Heureusement j’avais déjà visité la ville lors de mon Camino précédent, il y a deux ans, car ce jour là je n’en ai rien vu!

Malgré une météo un peu fatigante, cette journée ouvre le bal des …paysages splendides et côtiers. Pour avoir déjà fait quelques étapes du Camino del Norte j’anticipe déjà les vues splendides et les chemins longeant la côte ! Bon… avec un peu de soleil c’est encore mieux…Compostelle Camino del Norte San Sebastian

JOUR 4 – SAN SEBASTIAN à GETARIA – Camino del Norte

24KM ▪ 760 D+

Le CR du jour | Le moral commence sérieusement à prendre l’eau après une 4ème journée diluvienne. Premiers kilomètres… premières gouttes. Je commence à marmonner  “quitte à me taper de la pluie tous les jours autant partir en Bretagne je préfère les crêpes aux tortillas”. La boue empire. “Plus jamais le Pays basque PLUS JAMAIS”. Une goutte dans le cou, puis deux ” 😡☠😓😭🤬🤬🤬🤬🤬”
Le torrent rugit de plus belle. J’en ai marre.

Arrivée à Zarautz après 19km je me vois bien poser mes guêtres moisis et m’ébouillanter sous la douche. Ma ligue d’ anciens fantastiques veut continuer. Euh…encore 5kms. Comment ça “rien”. J’abdique. Moi la jeunette, 29 ans toute mouillée, équipée comme une cosmonaute et pseudo traileuse se prend un bonne raclée de leçon de vie.
Entourée de J. P. et G flirtant tous avec les 70 ans… qui avancent sans se plaindre et ne mouftent pas ce soir dans notre dortoir tetris de 30 personnes. Alors que je rêve d’une nuit sans ronflements et dans un vrai lit 😂
Fin du 4e jour. Je m’accroche. Je suis une randonneuse en carton et mon mental n’est pas étanche… mais je m’accroche !

Compostelle Camino del Norte San Sebastian

Behind the Camino | Heureusement que cette étape était (bien) accompagnée. 3ème jour sous une pluie plus ou moins corsée, je commençais à broyer un peu de noir. La pluie étant vraiment l’ennemi numéro 1 de la randonnée. Vicieuse, elle s’infiltre rapidement dans chaque interstice. Tu finis rapidement par patauger dans tes chaussures et grelotter sous ta veste. Je n’avais en plus pas pris de “cape de pluie”. L’équivalent d’un poncho en plastoc qui protège le pèlerin et son sac. Forcément…je pensais qu’il ferait beau en Espagne moi ! Les anciens qui m’accompagnaient semblaient moins toucher par les caprices météorologiques, me poussant à rallonger cette étape. Qui se finira donc à Getaria, magnifique village où l’auberge sera malheureusement assez catastrophique. Promettant une nuit de bonheur…

La petite anecdote? La rencontre avec un cycliste de 65 ans qui me vantait les mérites de sa perche à selfie… de quoi me déculpabiliser de mon statut de blogueuse ^^. Je finis cette journée en compagnie de J., qui deviendra au fil des jours ma “maman du camino“.

Compostelle Camino del Norte Zarautz

JOUR 5 – GETARIA à DEBA – Camino del Norte

17KM ▪ 680 D+

Le CR du jour | Après 4 jours dantesques… j’ai savouré cette journée au sec ! C’est marrant comment les kilomètres passent plus vite quand tu ne te bats pas contre les éléments 😉
Des paysages splendides, une étape un peu plus rapide que d’habitude avec ” seulement 17km”. Un D+ toujours musclé avec quelques portions bien verticales. Une arrivée à Deba assez tôt pour aller se poser à la plage… et un dortoir à taille humaine ( avec les quebecois ronfleurs mais c’est pas grave ils ont du chocolat). Bref je fais le plein de bonne humeur et de bons moments et j’essaie de faire sécher mes chaussettes parce que demain.. c’est reparti pour une journée pluie 😒
Pas la peine de nettoyer mes @merrellfrance du coup je rempile pour un bain de boue 😂

Fin du 5ème jour. Plus de 138kms cumulés en 5jrs dont 115 sur le camino 🤙

Compostelle Camino del Norte Zarautz

Behind the Camino | Enfin un peu de soleil! Cette étape je la connaissais bien puisque je l’avais déjà faite il y a 2 ans, c’était à l’époque ma première étape avec mon amie. J’étais arrivée à l’époque à Deba totalement épuisée et nous n’avions pas eu de place à l’auberge. Deux ans plus tard quel plaisir de pouvoir poser son sac tranquillement dans une auberge très propre, ancienne gare restaurée en auberge. L’après-midi passe rapidement, à coup de glaces et de trempette pédestre.

Elle permet aussi de retrouver le petit groupe de français et de québécois que nous avons commencé à constituer. Malheureusement la majeure partie d’entre eux ronfle à en faire décoller le papier peint, mais leur compagnie de jour suffit à me faire oublier leur concert de nuit. La petite anecdote? Je commençais à avoir des douleurs aux genoux… M. un de mes gentils québécois, m’a laissé sa genouillère pour la journée. C’est un petit geste parmi tant d’autres qui illustre bien la générosité gratuite entre pèlerins du chemin.

Compostelle Camino del Norte Deba

JOUR 6 – DEBA à MARKINA XEMEN – Camino del Norte

24KM ▪ 1056 D+ |

Le CR du jour | Envie de marcher seule et d’être à mon rythme je l’ai cette fois-ci joué solo et ai remonté petit à petit le peloton 😉 Pas de pluie ( c’est mon critère numéro 1 maintenant ) un paysage magnifique sombrant dans les nuages….et beaucoup beaucoup de D+. 1000m de montées et 700 en descente. J’ai pu rentabiliser la prépa Ste Victoire sur cette étape et aussi puéril que cela puisse paraître… j’ai adoré voir les têtes hallucinées des 3 espagnols en tête lorsque je les ai joyeusement dépassés en souriant sur un joli km vertical 😂

L’aprem aura été riche en rencontres puisque nous partageons notre sublime dortoir avec 30 personnes… dont 2 californiens. Petite pensée pour Antoine j’étais fière de leur dire que j’avais un pote assez cramé du ciboulot pour se lancer sur le PCT 🤗 Mais aussi en au-revoir puisque mes 2 québécois préférés nous quittent demain… le chemin crée des liens très forts en peu de temps c’est assez fou.
Le dortoir… parlons-en. J’ai peu d’espoir quant à la qualité de ma nuit cette fois encore… étant entourée d’espagnols aux coffres baritons. J’envisage sérieusement de me prendre une petite chambre d’hôtel à l’occasion histoire d’être bercée par mes rêves et pas par des ronflements multinationaux.
SUR CE … BONNE NUIT 😚 ( ou pas )

Compostelle Camino del Norte Deba

Behind the Camino | Une journée forte en émotions. Grisée par le dénivelé et le paysage plongé dans le matin comateux, je me suis fait une étape en mode speedy. Ce qui m’a permis de profiter pleinement de mon après-midi à Markina Xemen, petit village plein de cachet. Le dortoir me fait rapidement déchanter, plus spartiate qu’un épisode de 300 nous sommes littéralement entassés lits contre lits. Le pèlerin, sardine nocturne ballottée entre deux vagues de ronflements. Nos deux québécois nous quittent. Aussi fou que cela puisse paraître, après seulement 4 jours cette nouvelle m’attriste. Les liens se font très rapidement sur le camino et voir deux compagnons de chemin partir n’est pas facile ! Nous profitons pleinement de cette dernière soirée…heureusement ma maman du Camino, J., est toujours au rendez-vous. Nous ne marchons pas toujours ensemble mais prenons de plus en plus de plaisir à nous retrouver autour d’une glace et dans nos auberges quotidiennes!
Petite anecdote, je me suis fait un flip monstrueux lors de ma pause pipi nocturne. Traverser un ancien couvent dans la nuit, les yeux à peine décollés, promettant des petites frayeurs.

Compostelle Camino del Norte Deba

JOUR 7 – MARKINA XEMEN à GERNIKA – Camino del Norte

Le CR du jour | Je commence à sentir les bonnes courbatures de fatigue ce soir… et vais donc aller baigner mon corps un peu kapput dans un bain d’Arnica 😂 De toute façon avec 34kms (24km sur le chemin 10 en bonus) et un verre de vin blanc au compteur il vaut mieux que j’évite de te raconter ma journée, ça va partir dans le décor.

Et pourtant. Elle mériterait un joli post. Pas de pluie. Un chemin particulièrement sympa et surtout de belles rencontres avec notamment une Japonaise et un Anglais. Si partir seule était pour moi un défi je suis encore plus soufflée de rencontrer une japonaise qui a fait tout le chemin depuis Paris…respect ! Au final je souffre très peu de la solitude pour l’instant, il y a tellement de belles rencontres à faire 😉

Compostelle Camino del Norte Gernika

Behind the Camino | Tiens j’avais omis de dire…que j’ai commencé la journée en oubliant mes bâtons ! Et oui, la fatigue se faisant un peu sentir après… une semaine de nuits lapidaires….je démarre l’étape mal réveillée. Pour m’apercevoir après un petit kilomètre que j’ai les mains…vides ! L’horreur. Rien de pire pour nous, marcheurs du quotidien, que de se faire des kilomètres gratuits.

Au détour d’une descente je tombe sur ce joli chemin très verdoyant. J’admire quelques minutes. Lorsque je croise la route de T. plus anglais qu’un shot de thé. Nous papotons. Il immortalise mon chemin du jour. Et nous partageons finalement quelques kilomètres. Sa pause café nous séparant je croise quelques heures plus tard S., une japonaise ! Incroyable mais vrai je suis bluffée par cette randonneuse venue du pays  du soleil levant pour crapahuter. Je ne suis pas au bout de mes surprises puisqu’elle est partie de…Paris ! Mes 7 jours de rando et moi ne mouftons pas, dans la hiérarchie du camino je fais office de nouveau-né!

Ce que tu ne sais pas…c’est que les journées sont très intenses ! Une fois le sac posé le rituel de l’après-midi commence. La douche, bien sûr. Manger. Laver ses affaires. Et visiter les villes et villages dans lesquels nous faisons halte ! La ville de Gernika est impressionnante d’histoire et de patrimoine et je m’y perds donc avec plaisir ( et quelques courbatures quand même).

JOUR 8 – GERNIKA à BILBAO

33KM ▪ 1004 D+

Le CR du jour | Le Camino del Norte n’est vraiment pas plat.. puisque la journée aura été encore riche en haut et en bas. Au sens propre et figuré puis qu’après une semaine de chemin j’ai du mal à mettre un mot sur mon ressenti du jour. Les journées sont intenses et 8 jours de marche plus tard c’est assez étrange de me retrouver à Bilbao. Ville où j’avais finis mon périple il y a deux ans. J’ai le sentiment que le voyage s’achève ici alors qu’il ne fait que commencer. Beaucoup de personnes s’arrêtent ici ou continuent après une pause à Bilbao. Ceux que javais plaisir à retrouver au détour d’un kilomètre et avec qui je partageais des tapas en parlant poids de sac et pieds. La transition est donc étrange et la soirée un chouille mélancolique après une semaine d’habitudes et de rencontres. Demain sera un nouveau départ, avec du beau temps croisons les doigts. En attendant je clôture cette première semaine avec 245km cumulés depuis mon départ vendredi dernier dont 195 sur le camino 🙀

I shall leave and live, or stay and die. Shakespeare - Compostelle

I shall leave and live, or stay and die. Shakespeare

Behind the Camino | Cette fin d’étape était clairement teintée d’un peu de mélancolie. Les émotions sont multipliées par 10 sur le camino. Il faut le vivre pour comprendre. Après une semaine de marche l’arrivée à Bilbao aura été assez troublante. C’était la ville où je finissais effectivement mon chemin il y a 2 ans et inconsciemment je prenais donc conscience que cette fois-ci j’allais plus loin. Que l’aventure ne faisait que commencer. Et donc…que je n’avais pas finis d’en baver ! C’était aussi une étape où chacun se perdait un peu, certains prenaient le bus pour éviter de marcher les 10 derniers kilomètres avant Bilbao qui sont assez désagréables. D’autres découpaient l’étape en 2. Et pour quelques-uns le camino s’arrêtait ici. J’apprendrais au fil des semaines à mieux gérer ces phases de transition, ces au-revoir et changements de compagnie. Bilbao est une superbe ville, dont je te parlerais plus longuement. Mais comme toute grande ville elle est aussi assez déconcertante pour le pèlerin habitué à un microcosme moins fourmillant et agité. Je me suis retrouvée ce soir-là seule dans une auberge de jeunesse propre mais déshumanisée. Savourant ma solitude…jusqu’à ce que mes voisins de chambres débarquent dans la nuit au compte goutte.

La petite anecdote ? Je me suis ruée sur des sushis. Tout en écoutant un concert classique en plein air sous un crachin de plus en plus hargneux.

JOUR 9 – BILBAO à Pobeña

24KM ▪ 300 D+ |

Le CR du jour |  Après un bout de chemin solo avec un paysage industriel et un crachin maussade l’après midi s’est finalement beaucoup mieux déroulée. Partie à la pêche au randonneur solitaire j’ai pu finir les 10 derniers kms avec non pas 1, mais 3 compatriotes de galère… et ma maman du camino miraculeusement retrouvée 🤗Heureusement car les 5 derniers kms ont été très très difficiles. Un début de périostite s’annonce… certainement dû aux 42 kms avalés hier et au D+ des derniers jours. J’essaie de ne pas paniquer en attendant de voir l’évolution, en espérant qu’à coup de Flector et avec quelques étapes moins chargées je m’en sorte bien… finger cross 🙄🙄🙄🙄

Portugalete

Behind the Camino | Moralement la fin d’étape a été très difficile. Je préférais mille fois une pluie battante à la douleur lancinante que je commençais à ressentir dans mon tibia. Les kilomètres sont très très difficiles lorsque chaque pas est douloureux. Surtout lorsque je fais le décompte machinalement dans ma tête… c’est le 9ème jour. Il en reste 30. Je ne veux pas que l’aventure s’arrête ici, hier l’arrivée à Bilbao m’avait plongé dans un doute assez brumeux ” ai-je vraiment envie de faire ça pendant encore 1 mois”. Le lendemain, la douleur physique me fait craindre de justement devoir arrêter plus vite que prévu.

On dit souvent “the way gives you what you need”. Sorte de croyance que se transmettent les pèlerins, mi-spirituelle mi-superstitieuse. Ce jour là j’avais justement rencontré sur le chemin un Fisio (ostéopathe). Un allemand qui débutait son camino à Bilbao.  Le timing parfait pour commencer à avoir des pépins de carrosserie. Arrivés à l’auberge, et après avoir profité de la magnifique petite plage de Pobeña j’ai donc le droit à une séance de fisio. C’est douloureux, j’en ai les larmes aux yeux (séquence émotion  #nodramanogain ) mais cela semble faire effet le lendemain.

La petite anecdote? Nous avons retrouvé dans l’auberge un groupe de 11 jeunes Coréens… âgés de 16 ans ! Organisation militaire et silence nocturne, je les retrouverais tout au long des prochains jours.

JOUR 10 – Pobeña à CASTRO-URDIALES

15KM ▪ 395 D+ |

Le CR du jour |  “Il faut ménager sa monture”. 6h30, petit dej philosophique, G. 69 ans sur le chemin depuis 25 jours me convainc. Ma monture 🐴 jai plutôt l’habitude de la pousser au bout du bout, à coup de récompense chocolatée. Sauf qu’après 10 jours de nuits de 2h, de régime tapas, de temps diluvien et de kilomètres avalés ma monture n’a pas l’air d’apprécier la blague 🙄
Ma décision est prise, petite étape de “seulement” 15km ( l’équivalent d’un jour férié sur le chemin ), chambre solo avec un lit et une salle de bain rien qu’à moi… et après midi glandouille. Si ce n’est pas un traitement de faveur pour canasson fatigué ça… j’espère que cela portera ses fruits… car demain il… pleut (sans blague) et ma monture et moi avons une grosse grosse étape 😵

Behind the Camino | Le départ de cette étape était superbe. Une vue côtière au levée du jour. Je restais cependant sur mes gardes, attendant la douleur au tibia. Pas après pas je commence à me détendre, une petite gêne mais rien à voir avec la douleur de la veille. Décidant néanmoins de faire une halte à Castro-Urdiales pour ne pas trop charger j’y prends une chambre…d’hôtel ! Avec J. ma “maman du camino” nous nous payons le luxe de nous prendre une petite pension. Le bonheur d’avoir un lit, dans une chambre… et une serviette de toilette ! La ville de  Castro-Urdiales est animée, les espagnols comme toujours sortent et se retrouvent dans les bars, les restaurants. Il pleut. Je suis crevée. L’après-midi sera donc consacrée au repos et à la sieste.

JOUR 11 – CASTRO URDIALES à LIENDO

27KM ▪ 517 D+ |

Le CR du jour | Ayant quittée le Pays Basque pour la Cantabrie je m’attendais à faire une croix définitive sur mon Goretex et à sublimer mon bronzage rando 😎 Que nenni puisque nous aurons eu le droit à de belles averses et à quelques portions bien boueuses. Pas de quoi entamer la bonne humeur du jour puisque les premiers kms se sont fait sans douleur… je bichonne mon tibia à coup de Flector et de litres d’eau depuis 24h il faut dire.

Mon hydratation intempestive me menant à une pause pipi catastrophe chez une villageoise adorable… qui aura non seulement sauvé ma vessie impatiente mais nous aura aussi offert 6 oranges cueillies en live dans son jardin 🍊 Une saveur particulière, mélange de générosité et de partage mais surtout un goût totalement sublime histoire de me rappeler que les oranges du Carrefour city parisien c’est vraiment… de la mierda 🤣

La douleur revient sur la dernière heure, les 5 derniers kms se font sur les dents mais la journée de repos aura bien porté ses fruits. Demain c’est reparti pour 35kms…. il va falloir assurer surtout que c’est le déluge !!!!!! BORDEL C’EST QUOI CETTE MÉTÉO 🙀

Behind the Camino |  Le trajet était sympathique, entre chemin côtier et forêts d’eucalyptus. Boueux aussi sur certaines portions. Bien reposées suite à notre journée “off” de la veille nous avions rapidement avalé les kilomètres. Malgré quelques petites parties pluvieuses, la journée aura été agréable et sans douleur !

La petite anecdote ? J. ma maman du camino est…de nouveau grand-mère ! La vie continue et nous célébrons cela sur le chemin, heureuse de savoir sa nouvelle petite-fille en pleine forme !

JOUR 12 – LIENDO à GÜEMES

35,5KM ▪ 620 D+ |

Le CR du jour | Après avoir entendu la pluie toute la nuit… partiellement couverte par le concert international des ronflements devenu quotidien… il était temps de partir. Premiers kms, je suis trempée. Partout. Je dis bien partout. Mes doigts gonflent, je suis congelée, la boue n’en finit pas. Épuisée je finis par me dire que je déteste ce foutu pays, que je ne peux plus voir une tortilla en peinture, qu’il faut vraiment être débile pour passer le seul mois entier de congés que j’aurais avant ma retraite à me coltiner un périple masochiste 😵
Je tiens bon, finis en début d’hypothermie… continue d’avancer. 4h plus tard un de mes bâtons se rétracte, je m’explose le mollet. J’aime ma vie.

Et finalement le soleil réapparaît. Enfin. Un soleil espagnol, qui arrive toujours un peu trop tard bien entendu…

Behind the Camino | Quelle étape.. les premières heures auront été vraiment horribles. Il n’y a pas d’autres mots. La pluie battante nous accompagnant pendant toute la matinée, j’ai eu froid. Très froid. Les gouttes glacées ne finissaient pas de gifler mes jambes (en short, toujours). Mes chaussettes s’imbibaient. Je n’avais toujours pas de cape de pluie. Et certaines portions étaient difficilement praticables et glissantes. Le chemin pour aller jusqu’à Laredo semblait magnifique, mais recouvert d’un épais manteau de pluie. Bref aucun plaisir, il fallait juste avancer. Après quelques heures de galère nous arrivons avec J. à l’embarcadère pour prendre un petit bateau. La pluie s’est calmée. Le soleil revient et restera bien accroché jusqu’au bout de la journée. Heureusement puisqu’il reste 15 kilomètres avant Güemes. Lieu qu’on m’a conseillé plusieurs fois pour son auberge chaleureuse et son ambiance internationale.

L’anecdote ? 2 kilomètres avant d’arriver à Güemes une femme me propose de me prendre en stop. Je dis non, j’en suis à 31 kilomètres je ne vais certainement pas tricher pour les 2 restant. Sauf que… quelques minutes plus tard je comprends vite que l’auberge n’est pas à Güemes même et qu’il va falloir marcher encore. Et me farcir une belle côte… j’ai retrouvé la femme en question à l’auberge qui était bénévole.

L’anecdote bis ? Les ronflements de mon voisin était vraiment inhumain. Je me suis donc retrouvée à minuit dans la grande salle de réception avec un plaid et plus ou moins rassurée. Essayant de dormir malgré les craquements du bois et l’atmosphère un peu flippante.

JOUR 13 – GÜEMES à SANTA CRUZ DE BEZANA▪

25KM ▪ 354 D+ |

Le CR du jour | Cette journée aura été très riche en rencontres et la soirée s’annonce inoubliable dans une auberge sympathique 😍 cela mérite bien un post au rabais puisque je compte profiter de chaque instant. À retenir… pas une goutte de pluie sur 25km, un paysage superbe, une nuit de 3h (mais ça on finit par s’y habituer). BONNE SOIRÉE 😘

Behind the Camino | Après un petit déjeuner copieux, dans la superbe auberge de Güemes, il était temps d’enfiler les chaussures et de repartir…le chemin côtier fait place à quelques portions sur la plage. Il faudra même enlever les chaussures pour pouvoir traverser une petite partie immergée. Puis prendre un bateau qui nous conduira à Santander. Difficile de débarquer dans la ville, cette fois encore, avec nos tenues de pèlerins et nos démarches claudicantes. La soirée se finit à Santa Cruz de Bezana dans une super auberge donativo, tenue par une passionnée du camino. Nous passerons la soirée autour d’une même table, à déguster des tortillas maisons. Français, coréens, allemands, italiens… le partage dépasse les frontières une fois encore et j’ai le plaisir de rencontrer un super couple de campeurs Cam et Manu.

La petite anecdote? En sortant de la cathédrale de Santander que j’avais rapidement visité… je croise un groupe de touristes américains qui me posent une dizaine de questions sur Compostelle. Je réponds patiemment. Le plus motivé de tous me répète 3 fois “vous avez l’air très fatiguée quand même”. Traduction… j’avais vraiment une sale gueule !

JOUR 14 –  SANTA CRUZ DE BEZANA à SANTILLANIA▪

25KM ▪ 348 D+ |

Le CR du jour |  Première ampoule du camino aujourd’hui… histoire d’éclairer mon dortoir ce soir. Ajoute les ronflements quotidiens et ça fera un joli spectacle sons et lumières 🤣 Une magnifique petite ampoule trônant fièrement sur mon talon 🙄
A part ça… la journée fut lancinante… le Camino ne traverse malheureusement pas toujours que de beaux paysages. Il y a aussi des parties bitume, des traversées de villes dégueulasses où .. tu avances quand même kilomètre après kilomètre. Certains prennent le bus sur les parties moins sympa. Personnellement je pars du principe que le chemin c’est comme la vie … ça serait trop facile si c’était tous les jours la fiesta. Alors autant s’accrocher 😉
Mais quel bonheur d’arriver dans un magnifique village pour récompenser mes 25km… un vrai Disneyland médiéval. Et de fêter ça autour d’une tablée internationale mêlant vin, fromage et humour de tous les continents 😍

Behind the Camino | Après 39 jours sur le chemin je peux maintenant dire que niveau étape, c’était l’une des pires. Pourquoi ? cette fois-ci mon tibia n’avait rien à voir. Encore heureux. Mais le paysage… quelle misère. Peut-on réellement parler de paysage lorsque la journée n’est qu’un éternel défilé de zones industrielles et de bitume sans cachet. Sous un soleil plombant. De quoi fatiguer les pieds et la rétine et regretter les belles vues côtières des derniers jours. Heureusement l’arrivée est surprenante, après un chemin si lassant. Le joli petit village de Santillania me fait oublier cette journée de galère et je le visite avec plaisir !

JOUR 15 – SANTILLANIA à COMILLAS

24KM ▪ 517 D+

Le CR du jour | J’ai du mal à réaliser ce soir que cela fait maintenant 15 jours que je parcours le camino. Soit 370kms sur le camino et 452 en tout… 15 glaces deux boules et 13 nuits bercées par des ronflements divers et variés 🤣
Chaque jour est intense, réserve son lot de surprises, de rencontres, de paysages, de nouvelles petites douleurs ( coucou toi partie de mon dos que je ne connaissais pas ), de villages à découvrir, de souvenirs mémorables à greffer dans mon marbre cérébral…

On dit souvent que c’est à partir de 2 semaines que le corps commence à se faire. On verra dans les prochains jours si le mien plussoie. Mais peu importe le physique, je sens que l’esprit lui s’est clairement mis en mode 100% camino. Un état assez spécial que je t’invite un jour à découvrir 😉
Compostelle Camino del Norte Santillania à Comillas

Behind the Camino | Chaque jour est une petite aventure et plus le temps sur le camino passe plus je suis devenu réceptive à tout ce que peut m’apporter cette expérience. C’est toujours assez drôle de refaire le fil des rencontres après coup, pour comprendre le hasard si bien ficelé du chemin. Un exemple? Je m’étais arrêté une petite heure pour admirer cette vue, sur un banc parfaitement installé, lorsque D. et T sont apparus. L’américain et l’italien m’ont demandé de prendre une petite photo d’eux, et m’ont rendu la pareille. Au final après 4 heures de marche en solitaire j’ai finis l’étape bien accompagnée, à philosopher sur la vie, le camino et nos différences culturelles. Les kilomètres ont donc défiler, et j’ai pu profiter de la jolie ville de Comillas, même si le déluge n’a pas tardé à m’y retrouver !

La petite anecdote? Je suis partie comme une fleur le matin. Appelant ma mère à 7h pour lui raconter mes aventures, je finis par observer scrupuleusement les bâtons que je tenais dans ma main, sentant que quelque chose clochait…Effectivement ce n’était pas les miens ! Rien ne ressemble plus à un bâton noir, qu’un autre bâton noir, surtout lorsque tu as dormis 4 heures… Et hop, un aller retour express à Santillana pour essayer de retrouver le propriétaire des bâtons, et récupérer les miens. Et donc 1km de montée pour rien …

JOUR 16 – COMILLAS à COLOMBRES

30KM ▪ 640 D+

Le CR du jour |20h… je suis prête pour la fièvre du samedi soir bien confortablement assommée dans mon lit, le mollet cramoisie 🤣 Il faut dire qu’il a bien bossé…30kms aujourdhui ça use, ça use énormément surtout avec un programme intensif : De belles plages, une super pause dej au milieu de nulle part… pas une goutte de pluie. Parfait !
La solitude étant un peu dure sur la fin, je me suis mise à communiquer avec tous les animaux du camino 🤣 à ton avis… lequel remporte le prix de la rencontre du jour… le 🐴les 🐱 ou le 🦎 ?

Compostelle Camino del Norte Comillas à Colombres

Behind the Camino | Olalala. Je me souviens très bien de cette fin d’étape où j’étais totalement cramoisie. Dans tous les sens du terme. Mon mollet écarlate, mes jambes kapput, mon moral épuisé. Tout ça pour arriver après 30 kilomètres à Colombres et me rendre compte que l’auberge était complète. Dur dur de se retrouver seule après une journée pareille dans une petite chambre d’hôte pas terrible. C’est là toute la complexité du pot pourri d’émotions sur le camino. Parfois la proximité et la vétusté des albergues peut peser aussi sur le moral. Mais au final lorsqu’on se retrouve seule dans une petite chambre isolée avec sa propre serviette de toilette… les autres nous manquent rapidement. Le chemin c’est aussi leur présence, les retrouvailles, le partage des anecdotes autour d’une tortilla.

La petite anecdote? Certaines portions étant réellement désertes, j’ai du demander 2 fois de l’eau sur le chemin à des villageois très sympa. Le deuxième est carrément revenu avec une bouteille neuve d’1l5.

JOUR 17 –  COLOMBRES à  LLANES

26KM ▪ 470 D+ |

Le CR du jour | Quand j’ai démarré cette aventure, il y a 17.jours maintenant, j étais plutôt dans la catégorie forçat du chemin 😅 Crapahuter d”un point à un autre. Rapidement. Pas trop de break.
Parce que mon côté sportif avait le dessus.
Parce que j’ai toujours été en mode bulldozer dans la vie.
Parce qu’à Paris on ne connaît pas le slow motion. Et aussi… Parce que le déluge des premiers jours n invitait pas à la contemplation 😅
Et puis au travers de belles rencontres et de moments inoubliables j’ai compris qu’il ne servait à rien de bourriner jusqu’à l’arrivée 😉 Qu’il fallait savoir profiter de chaque instant et que le chemin offrait encore plus de belles choses si je ralentissais un peu.

Pour une fois je (re) découvre le plaisir de savourer. D’admirer. De laisser de la place à l’imprévu. De se perdre. D’accepter que le chemin est parfois très moche mals qu’il est aussi parfois époustouflant si on continue d’avancer. Cette plage jai du y rester une bonne heure. Je n’avais absolument pas envie de la quitter, ça a été un réel coup de 😍
Bref je suis devenue une épicurienne du chemin. Et je savoure d’autant plus qu’il me semble qu’on est dimanche soir…. et que le blues du dimanche soir perso je ne connais pas 🤣
( sinon, épicurienne ou pas j’ai une ampoule de mamouth et je me suis fait piqué par des orties… ça je savoure moins😰 )

Compostelle Camino del Norte Colombres à Llanes

Behind the Camino | Je me souviens très très bien de cette journée. Petit à petit l’esprit du chemin se faufilait un peu partout et je commençais à en ressentir les bienfaits. Les discussions hautement spirituelles que nous pouvions avoir tout en massant nos pieds le soir faisant aussi leur effet je me rendais compte qu’il était vraiment important de savourer chaque instant, car mine de rien ce chemin aurait un jour une fin. Cette étape étant superbe, avec des paysages côtiers magnifiques et de jolies plages, j’ai donc profité du début jusqu’à la fin. Le seul problème? Lorsque tu passes près d’une heure sur ton rocher seule sur une magnifique petite plage, il est très très difficile de redécoller.

La petite anecdote? Llanes était une très jolie ville où j’ai pu retrouver J ma maman du camino et C. MAIS…le temps a commencé à se dégrader juste après mon arrivée. La visite s’est donc écourtée et nous sommes resté une bonne partie de l’après-midi dans une auberge aussi glauque que miteuse. Temps pourri et auberge déprimante, heureusement que j’avais fait le plein de soleil et de jolis paysages dans la journée !

Camino del Norte Compostelle. Llanes

JOUR 18 –  LLANES > CUERRES

26KM ▪ 420 D+ |

Le CR du jour | Jusqu’ici la déconnexion était plutôt radicale. Certes je m’autorise 30′ d’insta par jour et quelques storys par ci par là mais de 6h à 23h je suis bien déconnectée 😉 Aujourd’hui encore plus puisque le déluge invite plus à presser le pas qu’à partager quoi que ce soit…
18e jour…Tout allait si bien…
13h. Le soleil revient. Chouette.
13h15. Je reçois un message d’une agence qui m’indique que mon blog n’apparaît plus du tout. Supprimé.
13h16 à 14h. J’essaie désespérément d’atteindre un conseiller de mon hébergeur. J’appuie 10 fois sur 1 puis 2 puis ça raccroche parce que tous les conseillers sont en attente. Je recommence. Je deviens dingue. Je check mes mails. Je devais payer une facture le 4. Le 4 juin. Il y a 5jrs, weekend compris. Je ne l’ai pas payé. Ils ont donc supprimé. Je fulmine.
14h. Je paye un truc au pif. J’espère que ça marchera.
14h06. Je suis perdue au milieu de nulle part. J’ai totalement merdé. J’en veux à la terre entière. J’en veux à cette société où tout va trop vite et où tu ne peux pas oublier tes mails 5mn. Mais je m’en veux surtout à moi. 18 jours à décompresser et à ne plus stresser. Il aura suffit d’un mini électrochoc pour me rendre 🐐. Je respire. Il me reste 15% de batterie la priorité maintenant c’est de trouver mon chemin. La postérité se remettra du torpillage du blog mais moi va bien falloir que j’arrive quelque part 🙄
Bref… tout se finit plutôt bien, mon auberge du jour est superbe. Mais j’aurais aimé me passer de cet épisode peut être anodin qui prouve encore une fois que de nos jours tu ne peux pas te déconnecter 2 sec ! À méditer… sommes nous si libres que ça ou enchaîné à nos boîtes mails et à nos notifications frénétiques?

Behind the Camino | C’est très drôle de remettre bout à bout le cheminement des journées et les changements de mood et d’ambiance. La veille je savourais tranquillement les leçons du chemin. Quelques heures plus tard je me retrouve à grommeler parce qu’ “on ne peut pas être tranquille quelques jours loin de cette foutue société de consommation merde !”. Au final j’ai vite oublié ce petit contre coup technologique pour profiter à fond de l’auberge du jour. Une auberge superbe, totalement écologique, en bois… une ambiance super et… une vue à tomber!  Bref blog ou pas blog, j’ai vite retrouvé le sens des priorités !

JOUR 19 –  ▪ CUERRES > COLUNGA▪

31KM ▪ 637 D+ |

Le CR du jour | Aussi curieux que cela puisse paraître… je suis tout de même heureuse d’être là où je suis. Malgré le déluge dès le départ. Malgré l’arrêt de ma ” maman du camino” qui n’en pouvait plus de ce temps de merde. Malgré toutes les raisons possibles et inimaginables que tu peux avoir en 7h de marche. Même si je dois finir en kayak je suis maintenant à mi parcours et tant que le physique tient j’espère vraiment arriver au bout de l’aventure.

Bon c’est bien gentil de jouer les fanfaronnes mais…soyons honnêtes… à 7h30 en voyant les grosses gouttes j’avais plutôt envie de rester sous une couverture et de me faire un thé. Quelques kilomètres plus tard en plongeant le pied dans un marécage histoire d’imbiber mes chaussettes je me suis encore demandé pourquoi je m’infligeais ça. Mais au final 31kms plus tard je suis juste heureuse d’être arrivé, d’avoir une chambre rien qu’à moi et une… vraie serviette de toilette youhou 🤩 Je pense que j’ai le masochisme amnésique… tous les jours j’en chie et le lendemain matin j’ai déjà tout oublié 😅
Bonne soirée à tous les masos amnésiques d’insta, je sais qu’ils se reconnaitront. Et aux autres bien entendu 😘

Behind the Camino | Imagine nos têtes lorsque nous entendons dès le lever du lit… une pluie battante. Quel enfer. Cela ne m’a pas empêché de savourer le petit déjeuner topissime de l’auberge ( c’est si rare, ça me changeais de mes bouts de pain avalé en vitesse). Mais quand même. Le départ est difficile. Il pleut, comme pas possible. Le chemin est parfois impraticable, entrecoupé de petites mares . Il faut monter sur le bord, les petits talus de rochers et risquer de se prendre des petits court-jus ou de tomber tout simplement. C’est vraiment désagréable. Mais j’avance. Avec J. ma maman du camino, qui grommelle tant et si bien qu’à un moment elle s’arrête et me lance ” c’est bon, j’arrête”. On marche depuis 7kms, la pluie écrase ma capuche. Je me retourne, comprends à moitié. Comment ça tu arrêtes. “Il y a une station, je prendrais un train, un bus n’importe quoi je rentre. J’en ai marre”. Gros choc. Je me mets en mode survie, les gouttes continuent à nous assailler et la journée n’est vraiment pas fini. Une bise rapide et humide, je m’en vais le cœur lourd.

La petite anecdote? Après 19 jours j’ai enfin réussi à trouver un bureau de poste…ouvert ! Cela faisait plusieurs jours que je voulais renvoyer chez moi quelques affaires que je n’utilisais pas. Impossible. Cela aura au moins compensé le départ précipité de J., m’allégeant de 600 grammes !

JOUR 20 –  COLUNGA > AMANDI

20,7KM ▪ 507 D+ |

Le CR du jour |Pour comprendre l’esprit du camino… il faut le vivre. Il faut démarrer à 7h et enfiler son sac peu importe la météo. Il faut marcher, un pas après l’autre tout simplement et réfléchir seule. Ou croiser d’autres pèlerins au détour d’un kilomètre et échanger quelques mots.

Il faut arriver dans une albergue parfois paradisiaque… parfois moins. Et il faut commencer sa deuxième journée, faire sa lessive, se doucher, visiter, échanger. Profiter… Chaque journée est une petite aventure. Seule ou accompagnée mais toujours pleines de surprises. Je ne saurais pas par quoi commencer si je devais te l’expliquer. Mais je peux juste te dire qu’aujourd’hui j’ai gagné le gros lot. Pas une goutte de pluie, beaucoup de belles rencontres, une auberge coupée du monde… le bonheur 😍

Compostelle Camino del Norte Colunga à Amandi

Auberge donativo d’Amandi

Behind the Camino | Un jour sans pluie et une auberge donativo pour finir. Le combo parfait. Cette fois-ci j’avais eu envie de montrer un peu l’envers du décor. Parce que le camino ne se réduit pas à un chemin ou à des kilomètres. C’est bien plus que ça. Cette auberge donative à Amandi était tenue par un couple adorable, qui m’a vraiment touché. Les passionnés du chemin sont nombreux, ces gens qui travaillent toute l’année pour rendre cette expérience encore plus unique et agréable pour nous, randonneurs odorants !

JOUR 21 –  AMANDI > POLA DE SIERRO

25 KM ▪ 656 D+ |

Le CR du jour | Pour amorcer ce 21eme jour et après une nuit très courte il était temps de prendre une décision cruciale ce matin 😰
Le camino se splitant en deux chemins il fallait ainsi choisir entre… continuer sur le camino del norte, voie que je suis depuis maintenant 3 semaines 🌊 ou prendre le chemin primitif, camino primitivo ⛰ Ce dernier étant réputé pour être plus difficile et plus montagneux, avec beaucoup plus de dénivelé mais aussi de magnifiques paysages…. Serait-ce parce que j’ai été bercé trop près du mur… ou parce que mon instinct de survie a pris l’eau ces derniers jours… J’ai bien entendu pris l’option la plus difficile 😂 Après tout pourquoi faire simple quand on peut faire encore plus compliqué 😉 Je sais que je vais sûrement maudire mes idées à la con dans quelques jours mais pour l’instant je suis surtout hyper excitée de cette nouvelle aventure dans l’aventure 🤩
Camino Primitivo…me voilà 🙀

Compostelle Camino Primitivo Amandi à Pola de Sierro

Départ d’Amandi

Behind the Camino | Je n’avais à l’origine pas prévu d’aller sur le Camino Primitivo. En toute transparence je ne connaissais même pas son existence. Et puis de fil en aiguille, à force de rencontres et de discussions j’ai compris que j’avais deux options pour la suite. Rester sur le Camino del Norte, option que la plupart de ceux que je connaissais prenaient. Et aller sur le Camino Primitivo. Je n’ai pas hésité longtemps, pour une fois ! Moins de routes, plus de montagnes, un chemin plus difficile, encore plus challengeant… j’espère ne pas me tromper puisque mon corps avait réussi à me porter jusque là, je comptais sur lui pour se dépasser encore !

Les prochains jours allaient dont me confirmer ou non si j’avais fait le bon choix …

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