AVENTURE | MON LIVRE SUR LE CAMINO

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Pour retrouver mon livre…c’est par ici

J’avais beaucoup de rêves à réaliser, de projets à cocher avant mes 30 ans. Comme j’ai les yeux souvent plus gros que le ventre et un appétit de la vie en conséquence… j’en avais bien entendu un peu trop ! Mais certains valant beaucoup plus la peine que d’autres, je me suis accroché. L’un d’eux? Je te l’annonçais il y a quelques semaines.

Petite fille de libraire, j’aime les livres. J’aime écrire, me plonger dans des histoires rocambolesques. J’avais donc un rêve, en revenant de mon camino. Le raconter. Partager. Rendre hommage à toutes ces belles rencontres, ces moments incroyables. Et puis le quotidien est vite revenu au galop. Les urgences de la vie. Ecrire une page. La supprimer. Se dire qu’on est nulle et que n’est pas JK Rowlings qui veut. Rester dans sa zone de confort et abandonner ce projet. Le reprendre. Ainsi de suite.

Parce que mon rêve mérite d’être écrit noir sur blanc, même s’il est fort probable que j’écrive une bouse. MA bouse. Je continue entre deux journées de boulot, dans le train, le matin au gré de mes réveils matinaux… à avancer sur ce projet qui me tient tant à cœur.

Et parce que je suis impatiente de te faire vivre ces instants, que je meurs d’envie de te faire participer dès maintenant à cette nouvelle aventure, cette fois-ci littéraire, je vais essayer de te partager quelques bribes de ce livre en construction.

Mon objectif utopique ? Qu’il soit prêt pour le 25 mai 2019… un an jour pour jour après mon départ sur le camino.

Alors en attendant… découvre petit à petit quelques bribes de … ma bouse 😀

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DÉCOUVRE SEMAINE APRES SEMAINE MON LIVRE SUR LE CHEMIN DE COMPOSTELLE

PREMIER  CHAPITRE . Bayonne à Saint-Jean-de-Luz

[…] Paris s’éveille. Et moi je la quitte. Observant une dernière fois mon appartement, que je ne reverrais pas avant 40 jours. M’assurant d’avoir bien fermé la porte. Une fois, deux fois… quatre fois. C’est la première fois que je le laisse aussi longtemps à l’abandon. Je mesure tout d’un coup l’étendue de ma décision. Hésite. Respire. Profondément. Prends racine sur mon paillasson décatit. Partir pour mieux revenir, ce n’est qu’un au revoir. J’espère ouvrir de nouveau cette porte dans quelques semaines en ayant grandi. J’espère surtout ne pas perdre ma clé pendant ces longs jours de pèlerinage. Je vérifie encore une fois, deux fois que cette foutue porte est bien fermée. Les minutes passent et le temps m’appelle. Mon sac sur les épaules, il est temps de descendre marche par marche mes 7 étages. Un rituel pourtant bien connu qui revêt ce matin une tout autre dimension. Le poids de mes 8 kilos se fait sentir, je vacille légèrement. Me rééquilibre. Le bois malmené des escaliers gémit. Je sors, finalement, humant l’air frais. Le compte à rebours est lancé, m’invitant à presser le pas. Dans l’aube parisienne, déjà agitée, le fourmillement des premiers costards cravates vient de débuter. Le métronome bien cadencé des sorties de métro accompagné du trafic naissant. Atome renégat je ne prends pas part ce matin à cet incessant cortège d’humains travailleurs. Longeant les immeubles haussmanniens je semble m’être trompée de décor, assumant pourtant mon accoutrement randonnée. Quelques regards incrédules croisent ma démarche pétillante. Ébouriffée, sur-excitée, je détonne totalement dans la masse matinale.

Je sautille presque jusqu’à la bouche de métro. Je souris, ragaillardie par cette sensation juvénile d’aller à contre courant, de m’extraire du moule de cette société qui finit par m’oppresser.

A quel moment ai-je ressenti ce besoin irrépressible de faire une sortie d’autoroute ?

De partir à l’aventure et laisser derrière moi ce carcan du quotidien ?

[…]

 livre sur le chemin de Compostelle - BAYONNE à ST JEAN DE LUZ
Chapitre 1 – Compostelle

DEUXIÈME  CHAPITRE . Saint-Jean-de-Luz à Moulin Goiko Errota

Urrugne s’annonce. L’église Saint Vincent dans ma ligne de mire, je me précipite dans la montée, espérant pouvoir m’y abriter quelques minutes. Essoufflée, trempée, je finis par arriver sur la place et tombe nez à nez avec LUI. Mon premier pèlerin ! Mon cœur bondit.  Il m’attend là. Son bob kaki retroussé. Dans quelques heures je connaîtrais tout de ses pieds. C’est une certitude. J’ai déjà vécu d’autres rencontres, sur d’autres camino. Je connais le rituel du pèlerin et ses sujets de conversation de prédilection. En attendant il me repère lui aussi et m’aborde tout naturellement. Abrité prudemment sous l’auvent d’un restaurant, il ne semble pas abattu par cette météo de fin du monde. Un pèlerin optimiste donc. Ou fataliste. Pierre – mon premier pèlerin s’appelle Pierre – commence par me situer sur l’échelle sociale du camino :

“ Tu viens d’où ?

…Bayonne !

Ah…ok”. Je perçois un léger dépit dans sa voix, je suis une petite jeunette du chemin, pas assez de bouteille pour être intéressante.

“Et tu vas jusqu’à ? … St Jacques ? très bien !” Je regagne quelques galons. Tout est question de kilométrage sur le chemin, je l’ai très vite appris lors de mes dernières aventures. Plus la distance augmente, plus le pèlerin en impose. Le lieu de départ et le lieu d’arrivée sont donc deux éléments cruciaux pour constituer notre passeport du chemin. Une sorte de Bonne Paie, version camino. Pierre, 70 ans, joue dans la cours des grands. Il est parti de chez lui, c’est à dire de  Nantes, il y a 24 jours. Il me met donc quelques tours d’avance au compteur. Et ira jusqu’à St Jacques bien entendu. Correction, jusqu’à Fisterra. Moi aussi ! Je suis ravie. Nous avons un point commun : notre arrivée. Pour le point de départ, je sens que j’ai quelques kilomètres à traverser avant de gagner son respect. Pas de problème. J’aime les challenges.

“Combien de kilos ?” demande Pierre. “Pardon ?” J’évalue sa question, une poignée secondes s’éclipse. La pluie tambourine sur ma capuche depuis ce matin, elle a dû dissoudre quelques neurones… L’illumination met du temps à arriver : le sac ! Bien entendu le sac… ce n’est pas une réunion Weight Watchers. Comment ai-je pu oublier la deuxième interrogation cruciale. “8 kilos”. Pour la première fois depuis ce début de matinée humide je souris, fière d’avoir réussi à être intransigeante sur le poids de ma cargaison. Il surenchérit “moi plus de 20 kilos”. Son air espiègle le trahit. Il est fier. Je suis abasourdie. Sur le chemin, le poids est fondamental. Un élément avec lequel chacun essaye de jongler. Il n’est pas rare de croiser des pèlerins surchargés qui le regrettent amèrement et se délestent étape après étape, problème après problème. C’est la première fois que je rencontre un pèlerin fier de son fardeau. 20 kilos, cela me donne une idée de l’infini. Pierre est certes un peu plus grand que moi, mais peu trapu. Et il a 70 ans, j’en ai 29 ! Dans sa chemise à moitié déchirée, en partie recouverte par un bout de cape de pluie, il ressemble plus à un gentil petit vieux prêt à aller faire son marché qu’à un randonneur de l’extrême. Et pourtant. Il porte plus de 2 fois le poids mon sac sur les épaules depuis 24 jours. Et semble tout à fait heureux. Je suis émerveillée. Mon premier pèlerin est collector, je suis conquise.

 livre sur le chemin de Compostelle
Chapitre 2 – Compostelle

TROISIÈME CHAPITRE – Moulin Goiko Errota à San Sebastian

Je lui raconte mes différentes expériences. Le climat de stress et de pression dans lequel certaines de mes entreprises m’ont fait évoluer. Mon début de burn-out. A 26 ans. “ Le travail c’est la santé”. “Le travail, c’est tout sauf la santé, je peux te le dire, en bonne inspectrice du travail ”. Nous éclatons de rire. Comment notre quotidien à tous a t-il pu se dégrader au point que certains implosent littéralement ? Nous constituons les rouages de cette société et nous la  laissons nous détruire pièce par pièce. Témoins et complices de cet engrenage qui nous transforment en bons petits robots du 21ème siècle, machines à mails, soldats des réunions. Je suis le prototype même de la jeune cadre dynamique en pleine remise en question de cette société qui m’a formée. Comme une seconde crise d’adolescence, je remets en cause cette fois-ci bien plus que l’autorité parentale. Je questionne tous les fondements de mon quotidien. J’ai fait les bonnes études, travaillé dur. Bossé. Fait les bons stages, dans les bonnes entreprises. Amassé les connaissances, les bons points et les lettres de recommandations. Je suis un profil parfait sur Linkedin, une photo souriante, un copycat de ma voisine cadre aux mêmes études et aux même parcours. J’ai travaillé pour Dior, ma copine de promo chez Vuitton. Les logos sont différents, le système est le même. Nous sommes tous de purs produits de cette société qui nous fait évoluer à la chaîne. Et nous fait croire à un semblant de liberté à coups de spots publicitaires automobile ou céréales sucrées. Ceux qui détonnent et sortent du rang sont tout bonnement rejetés. Comment comprendre que certains remettent en cause le moule dans lequel nous avons été élevé ?. Et pourtant de plus en plus d’amis s’éloignent des chemins tout tracés. Ne pensent plus au salaire mais à la qualité de vie. Ne pensent plus à la prestance d’un nom sur un CV mais à un idéal de valeurs. Petit à petit, les mentalités changent. Nous passons de bons petits soldats à trentenaires en quête de sens. De véritables engagements. De bien-être. Les entreprises n’évoluent pas assez vite à mon goût, ne comprenant pas le changement de mentalité qui est en train de s’opérer. Le salaire n’est qu’une ligne, pas une fin en soit. La reconnaissance, le besoin de se sentir valorisé. Le besoin d’être un être humain avant d’être un salarié. D’être un individu, et non un outil. Tout cela je le ressens depuis quelques mois. C’est ce qui m’a poussé à quitter mon entreprise et à partir loin de tout ce que la société a érigé autour de moi. Je prends conscience néanmoins que j’ai fait un saut dans le vide. Avec un beau parachute. Un nouveau travail, un destin tout tracé. Ma petite vie bien rangée m’attend, proprement plié dans mon 20m2 parisien. Ma crise d’adolescence bien organisée prend donc fin dans 1 mois et demi, mais en attendant je savoure cette liberté totalement inédite. Profite Camille, la réalité te rattrapera bien assez vite…

livre sur le chemin de compostelle
Chapitre 3 – Compostelle

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A propos de l'auteur :

Chaudière sportive, à l’ascenseur émotionnel qui plafonne à chaque nouveau challenge ! J’espère te donner la patate si tu n’as pas envie de bouger, ou te faire au moins rire dans ton canapé !

a écrit 233 articles sur le Blog.

17 Comments

  1. Antoine says:

    Camille, petit électron libre qui marche à contre courant, cherche à se libérer du carcan de notre société contre lequel on est si nombreux à pester mais tellement peu à oser quitter. Ces mots sont les tiens, cette aventure est la tienne, mais je suis certain qu’on est plusieurs à rêver d’en vivre une similaire, moi le premier et je n’attends qu’une chose, pouvoir voyager sur tes mots. Bref, continue !

  2. Nina says:

    Camille, ce n’est qu’un extrait bien trop court, mais franchement NE DOUTE PAS de ton projet !! Je trouve ce texte génial ! Ca donne envie de lire la suite, beaucoup s’y retrouveront, on se pose tous ces questions. Et c’est vraiment super bien écrit, c’est vivant et rythmé, quelques pointes d’humour saupoudrées comme il faut… bref le mélange parfait ! Trop trop hâte de lire d’autres passages 🙂

  3. Sarah jones says:

    Ton écriture est très belle. J’ai déjà hâte de lire ce livre sur cette magnifique aventure ❤

  4. Lauréline says:

    T’es sérieuse de nous laisser cet extrait beaucoup trop court ?
    Mais ma p’tite Cam c’est déjà de la bombe ce texte. C’est vraiment bien écrit et on a clairement envie de lire la suiiiite !
    Tu crois que je peux déjà le pré-commander sur Amazon ? Et que tu me fasses une dédicace par la même occasion 😀

    Ne doute surtout pas de toi. Je croyais déjà en ton projet quand tu m’en as parlée avant ton départ de Paris, j’y crois encore plus aujourd’hui.

  5. Romain says:

    La suite! La suite! La suite! J’adore déjà!!

  6. Bonnet says:

    J’attends la suite avec impatience !! TOP!!! 😉

  7. Adrien says:

    Bravo Camille, je t’ai découvert avec des chiffres, des nombre de pas, des statistiques … Et je suis maintenant surpris et heureux de lire ton aventure si bien romancée. Frustré que ce soit si court, bien installé dans mon train j’étais parti avec toi sur les chemins 😊

    1. Cam Dewoods says:

      Merci ! J’aime beaucoup ton commentaire, il touche si bien du doigt mon évolution personnelle ^^

  8. Élodie says:

    Il s’en est passé du chemin depuis la sortie du Mag de JT! Bravo Camille pour ton audace, ta créativité, ton peps que tu arrives à retranscrire à la perfection dans ces extraits! Vite vite la suite 😉

    1. Cam Dewoods says:

      Oh oui ! Si j’avais sur que je me lancerais dans mon propre Mag. Merci pour ton soutien ! J’espère que le résultat final sera à la hauteur 😀

  9. Séverine says:

    Ce livre va être merveilleux j’en ai déjà larme à l’œil quand je sais tout ce que ça représente pour toi ! Ton écriture m’a conquise j’ai hâte de lire ce livre 😘❤️

    1. Cam Dewoods says:

      Oooh merci ma chérie ! J’espère réussir à le finir…et qu’il soit à la hauteur de mes attentes 😀

  10. Guillaume Lelarge says:

    Je viens enfin de lire les deux extraits. J’aime beaucoup, et j’ai bien envie de le lire en entier. Continue ainsi, ça promet ! Tu as trouvé un éditeur ou tu omptes publier toi-même ?
    PS : « le poids mon sac » –> « le poids de mon sac » … désolé, je ne peux pas m’en empêcher (mes collègues en ont marre de moi quand je les relis 🙂 ).

  11. Aurélie says:

    J’aime toujours autant… et non tu n’as pas retrouvé bien longtemps ce 20 m carré !

  12. Morgane Bochard says:

    Je lis seulement ce bout de Chapitre, c’est génial, cesots me parle, j’ai hâte de lire la suite et me laisser transporter entre les lignes !
    Beau travail Camille ! 😘

  13. mounikats says:

    bravo ma Chérie quel travail en plus de tout le reste…

    1. Cam Dewoods says:

      Merci maman ! et merci pour ton soutien dans ces aventures <3

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