C’est l’un de mes plus beaux souvenirs de notre séjour à la Réunion : le Piton des Neiges ! Le sommet mythique, qui culmine à 3 070 mètres : c’est le plus haut sommet de La Réunion et de tout l’océan Indien. Nous l’avons gravi pendant notre traversée de la Réunion, en partant du refuge du Piton des neiges où nous avions dormi la veille, avec un réveil à 3 h du matin pour arriver au sommet au lever du soleil. Là-haut, il y avait un peu de monde, dont des personnes qui avaient dormi sur place, et il faisait très froid.
Dans cet article, je te raconte ce que nous avons vécu et je rassemble ce qu’il faut savoir avant de monter : l’itinéraire depuis Le Bloc à Cilaos, la nuit au refuge, la montée de nuit, le froid et le matériel. Les repères viennent des guides de référence (l’office de tourisme, la FFRandonnée), avec leurs écarts quand ils ne disent pas tous la même chose. Pour le reste de notre voyage, tu trouveras tout dans mon itinéraire de 10 jours à La Réunion.



Piton des Neiges : les infos pratiques avant de partir
La montée classique part du Bloc, à 1 380 mètres, au-dessus de Cilaos, et revient par le même chemin. Les traces ne sont pas identiques d’un guide à l’autre : comptez de 13,8 à 15,5 kilomètres, de 1 730 à 1 811 mètres de dénivelé positif et de 8 h 30 à 9 h pour l’aller-retour. Les guides la classent tous en difficile.
- Départ : le Bloc (1 380 m), en direction de Bras-Sec après Cilaos
- Refuge de la Caverne Dufour : 2 400 m, à environ 3 heures de marche du Bloc
- Sommet : 3 070 m, entre 1 h et 1 h 30 de montée au-dessus du refuge selon les guides
- Dénivelé : environ 1 100 m jusqu’au refuge, puis 600 m jusqu’au sommet
- Balisage : rouge et blanc (GR R1 et GR R2), puis marques de peinture blanche sur les blocs de lave après le refuge
La plupart des randonneurs coupent l’ascension en deux jours, avec une nuit au refuge. La FFRandonnée la présente d’ailleurs comme une randonnée de deux jours depuis Cilaos. On monte tranquillement le premier jour, on se repose, puis on repart au milieu de la nuit pour le lever du soleil.
Quel itinéraire choisir pour monter au sommet ?
Trois départs permettent de rejoindre le refuge, puis le sommet. Le plus classique part de Cilaos, et c’est celui que je détaille ici. Depuis Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie, compte environ 21 kilomètres, 2 087 mètres de dénivelé positif et environ 12 heures de marche : la montée est plus longue, mais moins fréquentée. Depuis la Plaine des Cafres, elle compte 30,5 kilomètres, environ 13 heures et 1 576 mètres de dénivelé positif. L’office de tourisme cite aussi un accès depuis Bélouve.
Du Bloc au refuge de la Caverne Dufour : environ 3 heures de montée
Pour rejoindre le Bloc, on traverse Cilaos et on suit la route de Bras-Sec jusqu’au parking, sous les cryptomerias. Il n’est pas gardé, et un arrêt de bus se trouve au même endroit : Randopitons conseille plutôt le bus quand on part plusieurs jours, parce que des véhicules y sont visités la nuit.
La montée commence tout de suite et ne s’arrête qu’en haut du rempart. Le sentier alterne terre, boue, marches en pierre ou en bois et quelques échelles, et les faux-plats sont rares. Au bout d’environ 1 h 30, le plateau du Petit Matarum offre un abri couvert et une pause. Attention à l’eau : la FFRandonnée précise que le point d’eau du Petit Matarum n’est pas relié au réseau d’eau potable, et qu’il n’y a plus aucun point d’eau entre le Bloc et le refuge.
Après la ravine des Prunes, la pente se raidit avec des dizaines de lacets courts, souvent couverts de cailloux, que des marches en planches et des échelles aident à franchir. Un grand oratoire annonce la crête, où un sentier venant de Bourg-Murat rejoint le vôtre. De là, on voit déjà le refuge, et le sommet qui paraît encore très loin.
Dormir au gîte du Piton des Neiges : un refuge sommaire
Le refuge de la Caverne Dufour, que l’on appelle aussi gîte du Piton des Neiges, est sommaire, et mieux vaut le savoir avant de réserver. Il se trouve à 2 400 mètres d’altitude avec 4 dortoirs pour 48 lits, plus 16 lits sous des tentes militaires.
Il n’y a pas d’eau courante potable : il est recommande dé monter de quoi boire pour deux jours mais des bouteilles sont vendues sur place. Il faut aussi apporter un sac de couchage, ou au minimum une couverture de survie, car les soirées sont fraîches à cette altitude. Le dîner est un menu unique servi en salle, à réserver en même temps que la nuit ou 48 heures avant au plus tard, et le petit-déjeuner t’attend quand tu redescends du sommet.
La nuit est affichée à 21 euros par personne pour 2026. Réserve à l’avance : c’est le seul hébergement sur cette montée.
Prévention et respect de la nature en montagne
Avant de partir, vérifie l’état du sentier. L’ONF gère près de 1 000 kilomètres de sentiers à La Réunion et publie en ligne la carte de ceux qui sont ouverts ou fermés. Un sentier ne ferme et ne rouvre que sur arrêté préfectoral, pris sur proposition de l’ONF. Le livret du Département rappelle aussi de vérifier la météo et l’itinéraire avant chaque sortie.
Le Piton des Neiges se trouve dans le parc national, un milieu fragile : ramène tous tes déchets, y compris les déchets organiques, comme le demandent le Département et l’office de tourisme. Là-haut, l’eau est rare et l’énergie réservée au fonctionnement du refuge. Il n’y a ni eau courante ni prise pour recharger ton téléphone, et les déchets du gîte partent par hélicoptère. Le camping est strictement interdit près du refuge, et les animaux n’y sont pas admis.
Côté sécurité, le Département recommande de glisser une couverture de survie et une trousse de secours dans ton sac. Il conseille aussi de garder de la batterie sur ton téléphone, avec la carte téléchargée à l’avance, et de connaître le 112 pour alerter les secours. Il déconseille de boire l’eau des rivières.
De la Caverne Dufour au sommet : la montée de nuit
Pour être en haut à l’aube, on se lève environ deux heures avant l’heure officielle du lever du soleil. Cette heure varie beaucoup dans l’année : le bulletin météo de la veille donne l’horaire exact, précise Randopitons. De notre côté, le réveil a sonné à 3 h. D’autres guides parlent d’un départ entre 3 h et 4 h, à la lampe frontale.
Du refuge au sommet, les guides comptent entre 1 h et 1 h 30 de montée, parfois jusqu’à 2 h : Randopitons annonce une heure, la page du refuge 1 h 15. La première moitié se fait sur de gros blocs de lave, en suivant des marques de peinture blanche, plus utiles encore dans le brouillard. Ensuite, les cailloux laissent la place à des gravillons et à une terre moins stable, où la fiche prévient que l’on peut glisser en arrière quand le sol est sec. En approchant du sommet, on passe devant deux formations rocheuses nommées le rhinocéros des neiges et le lion des neiges.
Au sommet : le lever du soleil, le monde et le froid
Au sommet, il y avait un peu de monde, dont des personnes qui avaient dormi là-haut, et il faisait très froid. Rien d’étonnant : on est à 3 070 mètres, souvent dans le vent, et on attend le soleil sans bouger.



Certains randonneurs dorment en effet au sommet. Des murets de pierre y ont été montés pour couper le vent, mais le bivouac demande un équipement prévu pour le grand froid. La FFRandonnée signale des températures très froides et des gelées fréquentes en hiver, et Randopitons conseille de se couvrir toute l’année, même en été.
Le panorama couvre presque toute l’île : les cirques de Mafate, de Salazie et de Cilaos, le volcan et une partie du littoral. La roche est rouge à cause de l’oxyde de fer des anciennes laves. Garde tes distances avec les bords : les précipices y atteignent plusieurs centaines de mètres.


La descente vers Cilaos
Après le lever du soleil, on redescend par le même chemin. Deux guides comptent environ 3 heures entre le refuge et le départ, et Randopitons prévient que la descente représente pour beaucoup une nouvelle difficulté, surtout pour les genoux. Les bâtons aident, et ils sont autorisés à La Réunion pour la randonnée.
Ce qu’il faut emporter
- Des vêtements chauds : bonnet, gants, coupe-vent, en plus de bonnes chaussures de marche.
- Une lampe frontale pour la montée de nuit.
- Un sac de couchage, ou au minimum une couverture de survie, pour le refuge.
- De l’eau pour deux jours, y compris pour se laver : le refuge n’a pas d’eau courante.
- Un téléphone chargé avec la carte téléchargée, et une batterie externe : il n’y a pas de prise au refuge.
- Une trousse de secours, et des bâtons si tes genoux n’aiment pas les descentes.
Questions fréquentes sur le Piton des Neiges
Est-ce dur de monter le Piton des Neiges ?
Oui, tous les guides la classent en difficile. Il y a de 1 730 à 1 811 mètres de dénivelé positif, une montée sans répit jusqu’au refuge, puis des blocs de lave avant le sommet. Decathlon Outdoor le dit sans détour : il n’existe pas de version facile, car il faut compter au moins 1 500 mètres de dénivelé.
Combien de temps faut-il pour monter au sommet ?
Environ 3 heures du Bloc au refuge, puis 1 h à 1 h 30 jusqu’au sommet. L’aller-retour complet demande de 8 h 30 à 9 h.
Peut-on faire le sommet en une journée ?
Oui, d’après Randopitons, à condition de partir assez tôt du Bloc. Les plus sportifs s’élancent vers minuit pour arriver de nuit au sommet. D’autres montent la veille et dorment au refuge, comme nous.
Faut-il réserver le refuge de la Caverne Dufour ?
Oui, à l’avance, et le dîner au plus tard 48 heures avant. C’est le seul hébergement sur cette montée.
Peut-on dormir au sommet du Piton des Neiges ?
Le bivouac y est possible mais rudimentaire, avec quelques murets de pierre contre le vent, et il demande un équipement pour le grand froid. Le Département autorise le bivouac du coucher du soleil jusqu’à 8 h du matin. Le camping reste strictement interdit près du refuge.
Quelle est l’altitude du Piton des Neiges ?
3 070 mètres d’après l’office de tourisme et Randopitons. L
Le Piton des Neiges est-il un volcan actif ?
Non. D’après la FFRandonnée, il n’est plus en activité depuis plus de 12 000 ans. C’est le Piton de la Fournaise qui est actif.