La randonnée à la Tournette est un immanquable pour certains, et une grande inconnue pour d’autres. Elle est sur toutes les cartes postales d’Annecy, et pourtant beaucoup de gens qui viennent ici repartent sans jamais s’en approcher. La Tournette, c’est ce sommet à 2 351 mètres qui ferme le lac à l’est, reconnaissable à son gros bloc rocheux posé sur la crête. Un peu notre Mont Blanc local, en beaucoup plus accessible.
Depuis que j’habite Annecy, j’y suis montée des dizaines de fois, par tous les versants. En plein été quand le parking déborde, en octobre quand les forêts en contrebas virent au roux, avec Cyril, avec Rhéa, seule. C’est probablement ma randonnée préférée du coin, et c’est aussi celle sur laquelle je vois le plus de gens se tromper.
Parce que la Tournette n’est pas une balade. Elle demande de la condition physique, un pied sûr, et surtout de savoir renoncer. Dans cet article je te donne les quatre itinéraires qui montent au sommet, avec les vrais chiffres, mes conseils, et ce que je dirais à une copine qui me demande si elle peut y aller.
Sommaire
La Tournette : tout ce qu’il faut savoir avant de partir
Un sommet à 2 351 mètres, le point culminant du massif des Bornes
La Tournette domine tout le bassin annécien. C’est le plus haut sommet qui entoure le lac, et le point culminant du massif des Bornes.
On est sur du calcaire, comme partout dans les Préalpes du nord. Ça explique la forme du sommet : de grandes dalles inclinées, des barres rocheuses qu’il faut contourner, et par endroits des lapiaz, ces plaques de calcaire découpées par l’eau qui ressemblent à un labyrinthe à ciel ouvert. La roche tient bien, mais elle est polie par le passage, et dès qu’elle est mouillée elle devient franchement glissante.
Le point de repère de tout le monde, c’est le Fauteuil. Ce gros rocher qu’on voit depuis le lac, posé au bout de l’arête sommitale. La croix est dessus. Pour y monter, il faut emprunter une cheminée équipée d’échelles et de chaînes. Ce n’est pas long, mais c’est vertical, et il y a souvent la queue en été. Du sommet, tu vois le lac d’Annecy environ 1 900 mètres plus bas sur toute sa longueur, la chaîne des Aravis en face, les Bauges de l’autre côté, et le Mont Blanc quand le ciel est dégagé. C’est le genre de panorama qui justifie qu’on se lève à cinq heures.
Une randonnée à la Tournette difficile, et je pèse mes mots
Je ne veux pas casser l’ambiance dès le départ. Des centaines de personnes y montent chaque jour en pleine saison, ce n’est pas l’Everest, et beaucoup de gens la font très bien. Mais j’y ai aussi croisé énormément de randonneurs en difficulté, qui subissaient certains passages plutôt que de les gérer, et parfois se mettaient en danger sans s’en rendre compte.
Le dénivelé n’est pas le vrai problème. Environ 1 200 mètres, c’est beaucoup, mais quand on a la journée devant soi ça se gère.
Ce qui coince, c’est la technicité de la dernière heure. Sur les derniers kilomètres, tu as des mains courantes, des câbles, des passages où il faut poser les mains. À la montée, ça passe plutôt bien parce qu’on voit où on met les pieds. À la descente, c’est une autre histoire. Les jambes sont fatiguées, le regard plonge dans le vide, la roche est lisse. C’est là que je vois le plus de gens bloquer.
Donc, très concrètement : si tu fais peu de randonnée, si tu as le vertige, ou si tu n’as jamais mis les mains sur un rocher, ce n’est pas la sortie sur laquelle commencer.
Quand faire la randonnée à la Tournette ?
La Tournette n’est pas praticable toute l’année, et c’est le point sur lequel je suis la plus catégorique.
Il reste de la neige jusque tard au printemps, souvent jusqu’en juin. L’office de tourisme du lac d’Annecy indique une période conseillée du 1er juillet au 15 octobre, sous réserve des conditions. Sur le terrain, ça bouge chaque année : certaines saisons c’est praticable mi-juin, d’autres il faut attendre juillet. Il n’y a pas de date d’ouverture, ce n’est pas un parc d’attractions.
Tant qu’il reste des névés, je déconseille vraiment. En mai 2025, deux jeunes traileurs sont morts à un jour d’intervalle sur le secteur de la pointe de la Bajulaz, après avoir glissé sur un névé. Deux randonneuses ont également été blessées. Le maire de Talloires-Montmin a pris dans la foulée un arrêté interdisant la randonnée sur le massif au-delà de 1 700 mètres jusqu’à la fonte, avec des panneaux au chalet de l’Aulp, au départ de Montmin et directement à la cote 1 700. Ce type d’arrêté peut être repris chaque printemps, donc pense à vérifier sur le site de la mairie avant de partir au printemps.
Ma saison préférée, c’est l’automne. Sans hésiter. Il y a beaucoup moins de monde, les forêts en dessous prennent des couleurs, la lumière est basse et douce toute la journée, et la météo reste souvent clémente. Septembre et octobre, c’est vraiment le meilleur moment pour cette randonnée. Seule contrainte : les jours raccourcissent vite, donc pars tôt et cale ton horaire de descente.



Quel itinéraire choisir selon ton niveau
Quatre départs mènent au sommet de la Tournette. Aucun n’est facile, mais ils n’ont pas du tout la même personnalité.
Depuis le chalet de l’Aulp (parking des Prés Ronds) : le plus court et le plus fréquenté. Environ 1 200 m de D+. C’est celui que tout le monde emprunte, avec le passage devant le refuge et la vue sur le lac quasiment tout du long. C’est aussi celui qui concentre les passages câblés.
Depuis Montmin : le même itinéraire, mais en partant du village 200 mètres plus bas. Un peu plus de marche, moins de galère de parking, et c’est mon préféré.
Depuis Thônes par Belchamp : le versant est, beaucoup plus sauvage, beaucoup moins de monde. En contrepartie, pas de vue sur le lac avant la crête, et du lapiaz à traverser.
Depuis Talloires : la version intégrale, du bord du lac au sommet. Environ 2 000 mètres de D+. Réservée aux gens très entraînés.
Randonnée à la Tournette avec un chien : mon avis honnête
Je réponds souvent à cette question, alors autant être claire. Sur le papier, les chiens sont autorisés. Dans les faits, la partie sommitale est très compliquée pour un chien. Les mains courantes, les dalles inclinées et surtout la cheminée du Fauteuil ne sont pas franchissables par un chien seul.
Nous, on monte avec Rhéa. Mais certains passages sont vraiment délicats, et Cyril doit l’assurer et l’aider. C’est à deux, avec un chien qu’on connaît par cœur, et en ayant fait le trajet un nombre incalculable de fois. Je ne le conseille pas à quelqu’un qui découvre l’itinéraire.
Mon conseil honnête si tu n’as pas l’habitude de randonnée avec un chien, monte jusqu’au chalet de l’Aulp ou jusqu’au refuge, profite de la vue, et redescends. Tu auras 80 % du plaisir sans le stress. Si tu cherches une sortie sommitale vraiment adaptée aux chiens dans le secteur, la randonnée à la Pointe de Talamarche est bien plus indiquée, Rhéa l’adore. Et dans tous les cas : laisse dans les alpages, il y a des troupeaux sur la quasi-totalité des itinéraires.
Monter à la Tournette sans se mettre en danger ni abîmer le site
C’est le paragraphe que j’aimerais que tout le monde lise, parce que la Tournette est un site fragile qui encaisse une fréquentation énorme.
Le bivouac est interdit. On a bivouaqué là-haut avec Cyril en 2019, et honnêtement c’était un souvenir magnifique. Mais les règles ont changé depuis, et je ne le referais pas. L’arrêté municipal 80-2021 de la commune de Talloires interdit le bivouac et le camping sauvage du 1er mai au 15 octobre dès lors qu’on se trouve à moins d’une heure d’un parking. Le massif est par ailleurs classé Natura 2000, une grande partie des terrains est privée, et les propriétaires ont posé leurs propres panneaux d’interdiction. La raison est simple : trop de déchets, trop de dégradations. Si tu veux dormir en montagne dans le coin, le refuge de Pré Vérel, en contrebas, est gardé et accueillant.
Reste sur le sentier. Les barrières souples entre le chalet de l’Aulp et le Casset ne sont pas décoratives. Couper dans les alpages détruit la végétation et accélère l’érosion, et c’est exactement ce qui a rendu nécessaires les gros travaux de sécurisation du sentier, qui ont d’ailleurs fermé l’accès pendant plusieurs mois entre 2023 et 2024.
Respecte les troupeaux. Il y a des vaches et des moutons sur presque tous les itinéraires. Chien en laisse, contournement large, on ne s’approche pas des veaux, on referme les clôtures.
Emporte tes déchets. Y compris les peaux de banane et les mouchoirs. Il n’y a pas de poubelle là-haut, et à cette altitude rien ne se dégrade.
Ne délogue pas de cailloux dans les passages câblés. Il y a souvent du monde en dessous de toi. Si une pierre part, tu cries.
Côté sécurité : consulte la météo la veille et le matin, prévois 2 litres d’eau minimum (2,5 en plein été), une veste imperméable même si le ciel est bleu en bas, de quoi manger, une petite trousse de secours et une frontale si tu pars tôt ou tard. Le numéro des secours en montagne, c’est le 112. Et dis à quelqu’un où tu vas.
Sur la faune : tu as de très bonnes chances de croiser des bouquetins sur la partie haute, parfois des chamois et des marmottes. Prends des jumelles plutôt que de t’approcher.



Itinéraires de randonnée la Tournette
La Tournette depuis le chalet de l’Aulp : l’itinéraire classique par les Pré Ronds
🚶 Distance : 11 à 12,5 km aller-retour
📈 D+ : 1 200 m environ
⚠️ Difficulté : difficile, passages câblés et échelles, exposition réelle
💧 Point d’eau au col de l’Aulp, rien au-dessus
🐶 Chien : déconseillé au-delà du refuge
C’est l’itinéraire qui sort en premier quand tu cherches comment monter à la Tournette depuis Annecy, et c’est celui que tout le monde te recommandera. C’est aussi celui que je choisis le plus souvent, alors même que c’est la ligne la plus fréquentée du massif. Pourquoi ? Parce qu’il passe devant le refuge de la Tournette, et parce que la vue sur le lac arrive très vite. Dès la sortie de la forêt, tu l’as sous les yeux, et tu ne le lâches quasiment plus jusqu’au sommet. Sur les autres versants, il faut attendre la crête.
Le départ et le parking. Tu te gares au parking des Prés Ronds, à 1 216 mètres, au bout de la route goudronnée. On y accède depuis Annecy par Talloires puis le col de la Forclaz, ou par Vesonne. Compte environ 35 minutes de route depuis Annecy.
Le parking est petit et il se remplit très vite. En juillet et en août, un week-end, il est plein bien avant 8 heures. Et non, tu ne peux plus monter en voiture jusqu’au chalet de l’Aulp : depuis 2021 ce parking est réservé aux clients du chalet et aux alpagistes. Arrive tôt, c’est vraiment le seul conseil qui marche.
La montée. Du parking, tu montes une vingtaine de minutes dans les prés jusqu’au chalet de l’Aulp (1 424 m). C’est un chalet d’alpage familial où l’on peut manger et acheter de la tomme et du reblochon faits sur place. Arrête-toi deux minutes pour la vue sur le lac, elle est déjà très belle.
Après le chalet, le sentier part en lacets et grimpe franchement. Le passage est aujourd’hui bien canalisé par des barrières souples jusqu’au premier ressaut, un aménagement mis en place après les travaux de restauration du sentier en 2023 et 2024. Reste dedans, c’est fait pour éviter que les alpages soient piétinés.
Tu contournes la falaise de Pierre Chatelard par la droite, avec une vue plongeante sur le lac, puis tu débouches dans une cuvette où se trouve le refuge de la Tournette.
La partie haute. Au-dessus du refuge, la végétation disparaît. Tu longes la paroi du Casset, tu traverses une zone de rochers et de lapiaz où le sentier n’est plus vraiment tracé, chacun fait un peu son chemin. C’est là qu’arrivent les câbles et les mains courantes. Prends ton temps, pose bien tes mains, et ne double personne dans les passages étroits.
Une variante existe par le col du Varo (2 151 m), plus directe. Je te la déconseille : elle est équipée de mains courantes vieillissantes, et des pancartes rouges signalent désormais le danger d’y descendre.
Le sommet arrive après 3 à 4 heures d’effort selon ton rythme. Le Fauteuil se gravit par une cheminée équipée de chaînes et d’échelles, et la croix est juste au-dessus.
La descente. Compte 2 heures à 2 h 30. Ne néglige jamais ce timing, surtout en automne. Et garde de l’énergie pour les câbles, c’est dans ce sens qu’ils sont le plus impressionnants.
Le refuge de la Tournette : fermé depuis 2009
Perché à 1 774 mètres d’altitude, le refuge de la Tournette, également connu sous le nom de refuge Blonay-Dufour, est une bâtisse qui attire l’attention des randonneurs, il faut dire qu’elle est incroyable !. Malheureusement, ce refuge est fermé depuis 2009, et il est peu probable qu’il rouvre prochainement.
Situé sur le versant ouest de la Tournette, au-dessus du chalet de l’Aulp, le refuge est accessible via un sentier qui s’écarte légèrement de l’itinéraire principal menant au sommet. Bien que l’intérieur ne soit plus accessible, la structure extérieure demeure, offrant un point de repère et un abri sommaire en cas de besoin.Il est important de noter que le bivouac est interdit dans cette zone, car les terrains sont privés et classés Natura 2000. De plus, aucun point d’eau n’est disponible à proximité immédiate du refuge. La source la plus proche se trouve à environ 700 mètres plus haut, mais son débit est faible, surtout en été.

La Tournette depuis Montmin : on rallonge un peu !
🚶 Distance : 13 à 15 km selon la variante
📈 D+ : 1 340 à 1 480 m
⚠️ Difficulté : difficile, même partie sommitale que l’itinéraire classique
💧 Point d’eau au col de l’Aulp
🐶 Chien : même réserve que l’itinéraire classique
Itinéraire un peu plus long qui permet de rejoindre celui ci-dessus. Montmin dispose de trois zones de stationnement, à la mairie, à l’église et en bas du village le long de la D42. Le plus pratique est le petit parking entre l’école primaire et le cimetière, à environ 1 035 mètres.
L’itinéraire. Du parking, tu montes vers l’église, puis au lavoir tu prends en face le chemin de la Tournette, direction le chalet de l’Aulp par les Lieuses. Tu traverses le hameau des Lieuses (1 151 m) puis celui des Sétets (1 203 m) sur un sentier presque plat, avant d’arriver en vue des Prés Ronds. À partir de là, tu rejoins l’itinéraire classique décrit plus haut : chalet de l’Aulp à 1 428 mètres, montée en lacets, chalet du Casset vers 1 808 mètres, puis la partie rocheuse et le Fauteuil.
Ça te rajoute environ 3 kilomètres et 200 mètres de dénivelé par rapport au départ des Prés Ronds. Sur une journée entière, ça ne change pas grand-chose, et c’est trois kilomètres de voiture en moins.
La variante en boucle. Si tu es bon marcheur, tu peux redescendre par la face sud, en passant par la Pointe des Frêtes et la combe qui ramène directement à Montmin. Ça fait une boucle d’environ 13 km pour 1 355 mètres de dénivelé. C’est plus sauvage, mais le sentier y est moins évident, avec des passages sur terre battue glissants et un balisage plus discret. Trace GPX conseillée.
Il existe aussi un itinéraire d’approche par la combe Charvet et les falaises du Lars, nettement plus engagé, avec un petit pas d’escalade au Pas des Lars. Je le mentionne pour être complète, mais ce n’est pas une randonnée, c’est un terrain de montagne.



La Tournette depuis Thônes : le versant est par Belchamp
🚶 Distance : 10 à 10,5 km aller-retour
📈 D+ : 1 270 à 1 380 m
⚠️ Difficulté : difficile, lapiaz et balisage discret en crête
💧 Aucun point d’eau fiable
🐶 Chien : déconseillé, terrain instable
C’est l’itinéraire de rando à la Tournette le moins fréquenté des quatre, et c’est pour ça que je l’aime bien quand j’ai envie de calme.
Le départ se situe au hameau de Belchamp, au-dessus de Thônes, à environ 1 090 mètres. Depuis Thônes, tu remontes la D12 en direction du col du Marais, et environ 3 kilomètres après la ville tu prends la petite route qui monte à Belchamp. Elle se termine en cul-de-sac sur un petit parking.
La montée commence par un large chemin empierré, puis un sentier en lacets, raide et forestier, très typique de ce versant nord-est. Attention en été : le soleil tape fort ici dès le matin.
Après environ 1 h 30, tu débouches sur la prairie du Rosairy et son refuge, qui a fêté ses cent ans. Ce n’est pas un refuge où l’on dort, mais c’est une halte agréable et un vrai repère dans une montée qui, sinon, se ressemble beaucoup.
Ensuite ça devient plus technique. Tu traverses une vaste zone de rochers et de lapiaz, avec des passages raides et un balisage qui se fait rare à l’approche de la crête. Reste attentif aux traces, c’est le secteur où l’on se perd le plus facilement sur cet itinéraire.
Tu débouches sur un petit col, et là tout s’ouvre d’un coup : le lac apparaît, et le Fauteuil est juste devant toi. Tu le gravis par la cheminée équipée de chaînes.
Ce que j’aime : la progression par strates. Forêt dense, puis alpages, puis rocher pur. Et les panoramas qui se dévoilent entre les arbres sur les Aravis et le Sulens. Il y a souvent des chèvres sur le chemin, et des bouquetins plus haut.
Ce qu’il faut accepter : pas de vue sur le lac avant la crête, et pas de chalet de l’Aulp ni de refuge de la Tournette sur le parcours. Si c’est ta première Tournette, ce n’est pas par là que je commencerais.
La Tournette depuis Talloires : la version intégrale depuis le lac
🚶 Distance : environ 11 km à la montée seule
📈 D+ : environ 2 000 m
⚠️ Difficulté : très difficile, engagement physique important
💧 Prévoir large, les points d’eau sont rares
🐶 Non
Là on change de catégorie. Tu pars du port de Talloires, à 450 mètres, et tu montes jusqu’à 2 351. Presque 1 900 mètres de dénivelé d’un coup, sans jamais souffler. C’est l’itinéraire des gens très entraînés, des traileurs qui s’entraînent pour la Maxi ou de ceux qui veulent se lancer un défi. Il a une logique évidente : partir du lac que tu regardes ensuite pendant toute la montée, et arriver au sommet en ayant fait la totalité de la verticale. Il n’y a rien de plus satisfaisant.
Le club des sports de Talloires organise d’ailleurs chaque année en septembre une course qui suit exactement ce tracé : 1 870 mètres de dénivelé sur 10,9 kilomètres. Les meilleurs la bouclent en moins d’une heure et demie, ce qui donne une idée du morceau.
Pour une randonnée, prévois la journée complète, un départ très matinal, et beaucoup d’eau. La partie sommitale reste la même que sur les autres itinéraires, avec les câbles et le Fauteuil, sauf que tu y arrives avec 1 800 mètres dans les jambes. C’est précisément ce qui rend cette version délicate : la technicité arrive au moment où tu es le plus fatigué.
Une option intelligente si tu veux découvrir ce versant sans y laisser tes genoux : monter depuis Talloires et redescendre sur Montmin ou les Prés Ronds, avec une voiture déposée en bas.
Tu ne veux pas aller jusqu’au sommet ? Trois bonnes alternatives
C’est important de le dire, parce que beaucoup de gens se forcent à monter alors qu’ils n’en ont ni l’envie ni le niveau, et passent une mauvaise journée.
Le chalet de l’Aulp. Quarante minutes de montée depuis les Prés Ronds, une terrasse, une belle vue sur le lac, du reblochon fait sur place. C’est une sortie en soi, faisable en famille.
Le refuge de la Tournette. Environ 1 h 30 depuis le parking. Tu montes à 1 774 mètres, tu as la vue plongeante sur le lac, la bâtisse est superbe, et tu t’arrêtes avant tous les passages techniques. C’est mon conseil numéro un pour ceux qui veulent l’ambiance Tournette sans le stress.
La Pointe de Talamarche. Juste en face, beaucoup moins fréquentée, avec une vue superbe sur la Tournette elle-même. Je t’ai détaillé les itinéraires vers la Pointe de Talamarche dans un autre article, et c’est franchement une valeur sûre. Tu trouveras aussi d’autres idées dans mes randonnées autour d’Annecy.



Les questions qu’on me pose le plus sur la randonnée à la Tournette
Depuis les Prés Ronds, compte 3 à 4 heures de montée et 2 à 2 h 30 de descente, soit 6 à 6 h 30 en tout avec les pauses. Depuis Montmin, ajoute une bonne heure. Depuis Talloires, prévois la journée.
Elle n’est pas dangereuse en soi, mais elle est exposée. Il y a des passages où une chute aurait des conséquences graves, et la roche polie devient glissante par temps humide. Les accidents sur ce massif sont réels et surviennent surtout au printemps sur les névés, ou à la descente sur les dalles.
Pas jusqu’au sommet, sauf enfants habitués à la montagne et très à l’aise. Jusqu’au chalet de l’Aulp ou au refuge, en revanche, oui sans problème.
Pas en randonnée classique. Le massif se fait en ski de randonnée ou en raquettes par des personnes formées et équipées, avec un vrai risque d’avalanche. Ce n’est pas un objectif hivernal pour un randonneur.
Non, mais il est petit et il se remplit avant 8 heures en saison. Il y a pas mal de place sur la montée qui y va.